Search This Blog

Tuesday, February 23, 2010

Synthèse du programme politique du Parti et de l’Alliance « GUINEE POUR TOUS »



POUR UNE GUINEE FORTE, UNIE ET PROSPERE

LE MESSAGE DU PRESIDENT

Chers compatriotes,


Notre pays traverse sans doute la période la plus sombre de son histoire. La Guinée est, en effet, confrontée aujourd’hui à une crise généralisée qui affecte tous les secteurs de la société et qui n’épargne personne. L’ampleur et la gravité de cette crise sont telles que les fondements même de notre existence en tant que nation sont menacés.

Cette crise sans précédent est avant tout politique. L’origine du drame que vivent aujourd’hui la Guinée et les Guinéens est à rechercher dans le déficit de démocratie et les carences de leadership qui ont caractérisé le demi-siècle qui s’est écoulé depuis notre accession à l’indépendance en 1958. Toutes les frustrations et ressentiments accumulés au long des années ont généré des comportements individuels égoïstes, privilégiant les divisions et les contradictions internes au détriment de l’intérêt général, rendant ainsi impossible la formation d’un consensus et le début d’une adhésion à un projet de société en vue du développement harmonieux de la nation guinéenne.

La crise est aussi une crise économique majeure, conséquence de la mauvaise gouvernance devenue, hélas, une culture en Guinée et aggravée récemment par une contraction économique sans précédent à l’échelle mondiale. La récession économique a, en effet, frappé aussi bien les pays riches que ceux en voie de développement. Elle a aggravé le chômage endémique et son cortège de pauvreté. En peu de temps, elle a annihilé les efforts de développement des pays pauvres et réduit à néant les chances de combler leur retard économique, en raison précisément de l’extrême fragilité de leurs économies.

La crise est également sociale, induite par les bouleversements sociétaux planétaires qui, insidieusement, ont fait perdre aux Guinéens, leurs repères historiques, culturels et traditionnels propres à leur civilisation millénaire.

Dans ce contexte de crise généralisée, tous les Guinéens et Guinéennes sont aujourd’hui conscients d’une chose : le moment est grave, la Guinée est dans le creux de la vague et les menaces sur l’équilibre social et les fondements même de notre nation sont légion.

Prenant la mesure de la situation actuelle de notre pays, le Parti et l’Alliance Guinée Pour Tous (GPT) que j’ai l’honneur de présider souhaitent vous faire partager leur vision de la Guinée de demain à travers le présent projet de société.

Ce projet constitue une démarche stratégique de progrès et de développement qui a pour objectif de faire de la Guinée de demain un pays prospère où il fera bon vivre. Aucun domaine n’échappe à la nécessité de réformes : ni l’institutionnel, ni le politique, ni l’armée, tout comme le social. Bien sûr, tout n’est pas à changer. ! Tantôt il faut innover, tantôt il y a lieu de préserver ce qui existe, tantôt il importe de reconstruire ce qui a été détruit.

Il ne faut pas se voiler la face : la Guinée d’aujourd’hui offre au monde le spectacle de paradoxes assez troublants et doit donc faire face à de multiples défis et contraintes. L’un des paradoxes est que le pays végète dans la pauvreté quasi absolue en dépit de ses potentialités économiques d’une exceptionnelle richesse. En effet, nous offrons aujourd’hui à la face du monde le paradoxe choquant d’un pays qui, à la fois, “ dispose de tout !” et “ manque de tout ! ”.

Le projet de société que nous vous proposons fixe les contours du programme de gouvernement de GPT. Il est inspiré par vingt années de mon expérience personnelle en matière de développement et de finances, confortée par l’expérience et les compétences de l’équipe d’hommes et de femmes qui soutiennent ma démarche et m’accompagnent dans cette noble mission. Le projet de société est inspiré aussi des résultats des recherches académiques que j’ai menées ces dernières années, sur la problématique du développement, notamment l’expérience des pays dits à succès en matière de croissance économique, de même que sur les échecs de politiques et programmes de développement d’autres pays en voie de développement. Enfin, ce programme a été enrichi des résultats d’études diagnostiques auxquelles nous nous sommes livrés, mon équipe et moi, chacun dans son domaine de compétence.

Durant la période de juillet à décembre 2009 pendant laquelle j’ai séjourné en Guinée pour créer et implanter le parti politique, nous avons parcouru le pays de long en large, dialogué avec les partenaires sociaux, les opérateurs économiques et aussi une multitude de simples citoyens. Nous avons procédé à des enquêtes, revisité des programmes et projets sectoriels. A l’issue de ce périple, mon constat est accablant : j’ai quitté une Guinée pauvre en fin 1999. J’ai retrouvé une Guinée encore plus pauvre en 2009, dix années après.

J’ai pu, en effet, mesurer le niveau de dégradation de la situation politique, économique et sociale. Mon équipe et moi avons alors systématiquement recensé tous les obstacles à surmonter, les défis à relever. Nous avons aussi identifié les forces de ce pays, les opportunités à saisir pour bâtir une nouvelle Guinée pour tous. Ainsi, le projet de société que le Parti et l’alliance GPT proposent aux Guinéens est-il basé sur le constat que nous avons réalisé sur place et résulte de l’analyse réaliste et sans concession de la situation d’ensemble du pays.

Fruit de notre engagement politique, ce projet de société constitue la synthèse des solutions que nous proposons pour faire de la Guinée un pays moderne, régi essentiellement par l’ordre républicain et dans lequel le développement humain est au centre de toute politique économique et sociale.

Dans cette perspective, le projet de société suggère, en priorité, l’organisation de journées nationales de réconciliation (JNR) destinées à jeter un regard rétrospectif sur le demi-siècle qui s’est écoulé depuis l’accession de la Guinée à la souveraineté. Ces JNR passeront en revue les problèmes de gouvernance, y compris les audits économiques et financiers dans le but, entre autres, d’écarter des fonctions électives des candidats qui ont eu des indélicatesses dans leur gestion passée. Ces JNR seront en priorité axées sur les crimes de sang et autres atteintes graves aux droits de l’homme perpétrés sous les régimes précédents. Ces JNR qui ont vocation à clarifier certaines pages sombres de notre histoire récente devraient se tenir dans la sérénité et sans passion. Le but est de faire le point sur ce qui s’est passé, en situer les responsabilités, de façon à favoriser le pardon et la réconciliation nationale. En effet, les Guinéens n’ont pas d’autre choix que d’assumer leur passé, si douloureux soit - il, l’écrire dans sa vérité historique, en fournir le témoignage aux générations futures pour traduire en actes concrets le slogan universellement partagé : “ plus jamais ça ”.

Le projet de société GPT vise la bonne gouvernance du pays. Cela comporte des exigences en matière de connaissance du terrain et des réalités du monde contemporain afin de mieux cerner les contraintes et élaborer des politiques et programmes appropriés. Notre vision repose sur une politique de développement centrée sur les régions naturelles. Cette vision se veut équilibrée, impliquant l’établissement de liens étroits entre la rationalité économique et la solidarité dans la création et la distribution du revenu national.

Pour mettre en pratique cette vision et générer le progrès économique et social souhaité, GPT propose la série de priorités suivantes qui, en termes statistiques, sont « non mutuellement exclusives ».

1. La reforme du système de gouvernance.


Un nouveau système de gouvernance doit être mis en place de manière à garantir l’Etat de droit et les libertés fondamentales, où la loi a force de loi, à travers un fonctionnement adéquat des institutions républicaines.

2. La reforme du système de défense et de sécurité.


L’état actuel de l’armée constitue une menace sérieuse à l’ordre républicain et à la démocratie. La reforme du corps militaire est l’une des toutes premières priorités à entreprendre dans la reconstruction du système guinéen de gouvernance. En la matière, GPT propose que cette reforme soit confiée à l’assistance internationale avec pour tête de file le Maroc (en raison de la discipline et du professionnalisme de l’armée royale). Cette assistance technique sera alors placée en position hiérarchique pour une période de 5 ans.

3. La mise en place des Pôles Régionaux de Développement (PRD).


Elle est une orientation stratégique majeure de GPT dans l’approche de décentralisation basée sur le principe de subsidiarité entre l’État et les périphéries, ces dernières devant devenir de plus en plus autonomes. Notre option suggère le partage des responsabilités et des ressources entre l’État central et les PRD. A titre indicatif, et en guise de démarrage, 10 à 15 des revenus fiscaux annuels de l’Etat central devront être transférés aux PRD.

4. La réorientation fondamentale de la politique macroéconomique et monétaire.


La nouvelle politique économique et monétaire s’articulera autour d’une stratégie centrale novatrice : l’adhésion à l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et l’adoption du franc CFA. Cette adhésion garantira la stabilité macroéconomique et libérera la Guinée des entraves liées à la non-convertibilité du franc guinéen. De même elle mettra fin a la gestion laxiste du budget de l’Etat et l’action nocive des contrefacteurs sur la monnaie nationale.

5. La refonte totale du système actuel de l’enseignement en Guinée.


Il faut immédiatement réorienter les ressources actuellement allouées à subventionner la pléthore d’universités privées qui, pour la plupart délivrent un enseignement approximatif, vers des écoles professionnelles qui préparent mieux nos enfants à entrer dans le marché du travail dès après leur formation.

6. La réforme de l’Administration.


L’administration actuelle, loin d’être un acteur majeur du développement, est source de tracasseries et de lenteurs qui obèrent l’activité économique. La corruption devra être combattue. Il faudra également mettre tout en œuvre pour que les fonctionnaires puissent travailler et vivre décemment. L’alibi du “ il faut bien se débrouiller ” doit être définitivement éradiqué en menant une véritable politique salariale et sociale au bénéfice des fonctionnaires (accès aux soins, programmes d’accession à la propriété, salaires décents etc. …).

7. La révision fondamentale de la stratégie agricole.


La révision fondamentale de la stratégie agricole que nous préconisons a pour objectif de privilégier une politique axée sur la génération de revenus. Elle s’oppose à la démarche uniquement centrée sur l’autosuffisance et la sécurité alimentaires en vigueur jusqu’ici et dont l’échec est patent. La nouvelle approche, axée sur la recherche de l’accroissement de revenus agricoles, est cohérente avec notre objectif économique général : en l’occurrence l’accroissement du produit intérieur brut (PIB) comme vecteur essentiel de la lutte contre la pauvreté.

8. Le développement durable ou les défis du millénaire.


Le programme économique de GPT à court et moyen termes est de tout mettre en œuvre pour que la Guinée réussisse à faire sa part de chemin sur le recul de la pauvreté à l’échelle planétaire en 2015. Pour répondre à ce rendez vous mondial qui vise l’éradication, de moitie, de la pauvreté dans le monde, le programme GPT développe une stratégie agressive de mobilisation financière pour la Guinée, pour un montant annuel minimum de 500 million USD, et ceci pour les cinq prochaines années.

9. La révision de la législation syndicale et des lois sociales,


Il est temps que le syndicalisme soit “ dépolitisé ” en Guinée, de même qu’il est grand temps que l’employeur soit traité avec respect si nous voulons encourager la création d’emplois. C’est seulement en garantissant un environnement stable, prévisible, et pacifique que nous attirerons l’investissement privé. En attirant l’investissement privé national et étranger, nous créerons davantage de valeur ajoutée nationale, c'est-à-dire de la croissance, à travers les impôts pour l’Etat, du profit pour les investisseurs, et surtout des emplois pour nos concitoyens. C’est grâce à la croissance que la Guinée sortira du joug de la pauvreté. Et enfin, c’est en sortant de la pauvreté que la Guinée parviendra à se réconcilier avec elle-même et retrouvera son unité dans sa quête pour une nation prospère.

10. La protection de l’environnement et la mise en place d’une politique rigoureuse de la ville.


La forêt dense guinéenne a reculé en 35 ans de 14 millions d’hectares à 700 000 au début des années 2000. Le désert avance à une allure de 2 km par an sur notre territoire. Il s’agit d’une véritable catastrophe écologique et sociale. Il faut agir et agir vite. GPT inscrit le sujet dans l’ordre des priorités afin de promouvoir une politique environnementale et de la ville, c'est-à-dire des “Villes sans taudis ni bidonvilles ”, qui garantissent le bien être social, protègent contre la dégradation de l’écosystème et préservent les acquis naturels pour les générations futures.

En conclusion, notre projet de société se veut novateur et ambitieux dans ses objectifs et ses approches pour parvenir au plus vite au développement de la Guinée, objectif central de notre programme. Dans cette perspective, notre approche stratégique vise à jeter les bases d’une croissance à deux chiffres, à l’horizon de cinq ans. Cette approche est axée en même temps sur l’offre et la demande agrégées de manière que :

· Face aux effets dévastateurs de la crise née du déficit de démocratie et de la mauvaise gouvernance, il faut, sans délai, rechercher le consensus national, la refondation majeure de l’administration par la mise en place des technostructures administratives décentralisées, autour des PRD destinés à impulser le développement durable ;

· Face aux préoccupations sociétales diverses, notamment celles de la jeunesse en détresse, il convient d’entreprendre, au plus vite, des reformes et initiatives ambitieuses de développement que permettent nos immenses potentialités économiques.

· Après tant d’années de souffrances et de privations, il faut tout mettre en œuvre pour que le Guinéen puisse enfin profiter des ressources naturelles qui abondent dans le pays et perçoivent sous une forme plus effective les revenus de ces ressources par la nouvelle gestion des ressources minières que propose GPT.

· Face à la compétition économique mondiale, il faut engager résolument la Guinée dans des voies susceptibles de transformer les défis actuels en opportunités, pour la propulser dans le cycle vertueux de la croissance et de l’emploi. A cet égard, au titre régional et continental, nous pensons qu’il faut engager résolument la Guinée dans des projets intégrateurs (c’est l’exemple de notre option pour l’adoption sans délai du Franc CFA), c’est-à-dire la voie de l’intégration régionale comme l’outil d’accélération de la lutte contre la pauvreté et de prévention des conflits de voisinage.

Chers compatriotes,

Le présent projet de société n’a pas la prétention d’être la panacée à “ la situation guinéenne ”. Il n’y a pas de miracle, tout au moins en économie, et le projet que nous portons se veut plutôt un outil de travail permettant d’engager le débat intellectuel sur les politiques et stratégies susceptibles de faire face au mieux à notre situation. Le débat est ainsi ouvert à toute personne qui voudra y participer et, soyez assurés que le GPT y prêtera une oreille attentive. En effet comme tout modèle économique ou social, ce projet est sujet à révision en fonction de l’évolution des hypothèses théoriques et pratiques qui sous tendent sa formulation, étant donné le contexte guinéen bien connu pour l’insuffisance et la non-fiabilité de données statistiques.

De façon résumée, notre vision prône des valeurs cardinales suivantes :

· L’unité nationale, la cohésion sociale et l’intégration économique régionale.

· La modernisation de l’État, par le partage et le développement du sens des responsabilités entre le centre et les périphéries

· La moralisation de la pratique du pouvoir par l’émergence d’une éthique de l’action politique et la méritocratie et la rigueur dans la gestion de la chose publique.

· L’alternance dans l’exercice du pouvoir par des élections libres et démocratiques.

Nous invitons à la discussion de ce projet de société sans calcul politicien. Les critiques et suggestions des uns et des autres seront les bienvenues et enrichiront le débat sur la problématique d’édification d’une nation forte et prospère que Guinéens et Guinéennes appellent de tous leurs vœux. Cette nouvelle Guinée pour tous est possible car aujourd’hui, les conditions objectives sont sur le point d’être réunies. Nous lançons ici un appel vibrant à nos concitoyens afin de relever le niveau du débat politique de façon à dépasser les systèmes de valeurs stériles que sont les fantômes en « isme » : ethnocentrisme, le racisme, régionalisme, etc... qui, hélas hantent encore les Guinéens. GPT en fait un point d’honneur d’extirper de nos mentalités et de nos réalités l’ethnocentrisme pour enfin construire une nation guinéenne harmonieuse.

GPT vous assure de toute ma détermination pour mener ce projet à terme et, avec toute la rigueur, dans tous les domaines que cette tâche requiert. D’avance, je vous remercie pour votre soutien militant à la cause sacrée de la patrie.

Vive la Guinée, vive la Guinée Pour Tous.

Que Dieu bénissent la Guinée.

L’intégralité de ce projet de société peut être lue sur le site officiel du parti et de l’alliance GPT à l’adresse suivante : www.guineepourtous.org

Ibrahima Kassory Fofana

Président Fondateur de GPT


ikassoryfofana@guineepourtous.org

Wednesday, February 17, 2010

Mon Ambition pour la Guinee: Un destin partage

Guinéennes, Guinéens,

Chers Compatriotes,

L'avènement de la nouvelle année 2010 est vécu partout ailleurs comme une période de réjouissance.

En Guinée, c'est dans l'angoisse et l'incertitude que nos compatriotes ont terminé une année 2009 particulièrement difficile. Cette année a été marquée par des traumatismes graves alors qu'elle avait commence, presque dans l'euphorie collective.

Nous constatons, une fois de plus, que nous avons souvent, en tant que peuple, manqué de vigilance indispensable pour la conduite de notre destin commun. Ainsi presque toujours, nos victoires sont confisquées pour toutes les raisons imaginables, sauf celles d'un bien être partagé.

C'est pourquoi, la Guinée est considérée comme le pays des occasions manquées. Je n'en veux pour preuve que l'élaboration par mon gouvernement, en novembre 1996, d'un plan stratégique pour le développement économique et social : GUINEE VISION 2010, combattu alors par ceux qui estimaient cette échéance comme lointaine et même trop ambitieuse...

Chers Compatriotes,

C'est le moment de le dire, notre pays est dans un état de délabrement extrême. La situation économique et sociale est plus que précaire. Malgré la générosité de la nature à notre endroit, l'immense majorité de nos compatriotes vit en dessous du seuil de pauvreté.

Les infrastructures collectives installées a l’époque coloniale pour un nombre limité d’habitants, sont restées les mêmes, aujourd’hui plus dégradées que jamais, alors que l’accroissement de la population a connu un rythme soutenu. Ce qui a entrainé une extension indéfinie et anarchique de nos villes : conséquence d’un exode rural dont l’ampleur était inégalé jusqu’alors. La promiscuité engendrée par cette anarchie a produit une insécurité grandissante, précarise la sante et l’hygiène au sein des populations... Chaque guinéen, des villes comme des campagnes, le mesure déjà concrètement par les souffrances rencontrées dans sa vie quotidienne.

A cet égard, les aspirations de nos compatriotes sont simples. Etant moi-même à leur écoute, je peux citer sans aucun risque de me tromper, certaines de leurs préoccupations essentielles entre autres :

● Accéder aux besoins élémentaires de nourriture, santé, mais aussi d'eau et d'électricité etc.

● Vivre en sécurité et en toute liberté dans un pays réconcilié et en paix.

● Désigner eux-mêmes, sans aucune contrainte, la personne ou l’équipe par laquelle ils souhaitent être dirigés.

● Que cette personne et son équipe créent les conditions qui rendent possible l’émergence d’un environnement juridique, institutionnel, administratif et politique, stable et sécurisé, sans lequel, toute initiative individuelle ou collective est condamnée a un échec certain.

Guinéennes, Guinéens

Chers compatriotes,

Il nous faut rapidement nous ressaisir, car rien n’est perdu d’avance. L’espoir est permis si nous parvenons à nous réconcilier pour sauvegarder l’unité nationale et nous consacrer enfin au développement économique et social de notre pays. Nous en avons les moyens. Nous en avons le pouvoir. Nous devons en faire un Devoir. Cette réconciliation est un objectif majeur que je me suis assigné en tant que premier Responsable de l’ U.F.R (Union des Forces Républicaines), parti dans lequel tous les enfants de toutes les régions de notre pays se retrouvent, sans distinction d’aucune sorte, j’entends mener ce combat républicain, dans un esprit de dialogue et de fraternité, mais avec fermeté, détermination et sans concession sur ce que je considère être l’essentiel pour notre pays, c’est-a-dire :

1°. Le Dialogue, le pardon et la réconciliation pour l’unité nationale.

2°. La Construction d’un Etat de Droit crédible.

3°. Une politique économique au service du développement de l’ensemble du pays.

Guinéennes et Guinéens,

Chers Compatriotes,

Sans remonter jusqu’aux temps du Parti-Etat, les crises successives (2006, 2007, 2008 et 2009) ont toutes été réprimées avec une rare violence. Pourtant, chacun le sait, la violence ne résout rien. Elle est inefficace et aggrave tous les maux. C’est dans la conciliation et le dialogue entre employeurs et salariés, entre Etat et instances politiques, entre administration et citoyens, qu’on trouve les solutions durables et viables a toute crise. Cela fait cinquante ans que la Guinée souffre de ses maux sans qu’aucun remède n’ait été trouvé. Chacun d’entre nous, a son explication : l’inexistence d’un Etat de Droit crédible, ajoutée a une insécurité persistante, est un début d’explication et non des moindres.

Ainsi, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le problème principal de notre pays n’est pas d’ordre économique, même si le redressement économique reste l’objectif prioritaire. Notre vrai problème est politique, à savoir l’inexistence d’un véritable Etat de Droit, sans lequel, il ne saurait y avoir ni activité économique viable, profitable au plus grand nombre de nos compatriotes, ni sécurité pour les Personnes et les Biens. Chaque Guinéen mesure parfaitement les conséquences d’un tel état de fait sur sa propre vie quotidienne. C'est pourquoi, je le dis à tous, l'heure est plus que jamais au rassemblement. Notre foi et notre raison nous invitent, après tant de sacrifices à remettre notre pays sur les rails.

Mes chers Compatriotes,

Il n’y a pas de tierce position entre un Etat de Droit crédible et un Etat patrimonial qui finit toujours par devenir un Etat anarchique. Or, c’est d’un Etat de Droit vrai dont notre pays a besoin. Ce qui suppose la recréation immédiate d’un cadre juridique et institutionnel transparent et stable, dans un environnement sociopolitique lui-même apaisé et lisible. L’apaisement sociopolitique ne peut provenir que d’une légitimité issue du peuple. Nous devons donc doter rapidement notre pays d’une Direction Politique légitime et légale clairement Identifiée. Pour cela, il y a une seule voie acceptable aujourd'hui : le choix par nos compatriotes, dans la liberté et la transparence, de la personne à qui ils souhaitent confier la direction du pays à l’issue d'une élection présidentielle permettant d'asseoir un leadership crédible pour la Guinée. Nos compatriotes ont manifesté à maintes reprises qu’ils ne veulent plus d’un pouvoir imposé. Cela doit être compris par l’ensemble des forces politiques, administratives et militaires. Les aspirations exprimées par les guinéens sont légitimes, justifiées et universelles. Malgré tout, les Institutions étatiques, quelle que soit la perfection des textes les instituant, sont inopérantes si le personnel politique et technocratique, chargé de les faire fonctionner au quotidien, perd de vue l’esprit qui a présidé a leur élaboration. Elles ne peuvent alors en aucun cas, remplir leur rôle essentiel. Elles valent ce que vaut le personnel qui en a la charge. C'est pourquoi, le combat contre la corruption et l'appropriation des biens publics à des fins personnelles, demeure un objectif majeur de mon programme de gouvernement. A cet effet, les audits spécifiques et non orientés de l'Administration et des finances publiques tels qu'entamés en 1996 devraient être poursuivis et renforcés.

Sinon, face a cette réalité, les Guinéens résisteront à leur manière : être toujours ≪ d’accord ≫ sans conviction, avec le Chef (militaire, administratif, ou politique), parce qu’il a des moyens de violence inouïe qu’il utilise sans retenue, on détourne la règle de droit à son profit. On en partage les avantages avec le chef, tout en réservant les contraintes aux autres. Tout cela conduit à une sorte de ≪ guerre de tous contre tous ≫. Et c’est ainsi qu’on enclenche un cercle vicieux et infernal que les convulsions douloureuses récentes, qui ont raidi les positions des uns et des autres, continuent d’entretenir. Nous pouvons faire plus. Nous pouvons faire mieux. Nous devons faire plus et mieux, parce que nous en avons la capacité, nous l’avons prouvé par le passé. Les aspirations de nos compatriotes doivent enfin être prises au sérieux afin qu’elles se matérialisent au plus vite. Il ne s’agit donc pas de promettre indéfiniment, mais de réaliser concrètement les projets des Guinéens ici et maintenant.

Pour sa part, l’U.F.R, parti Centriste, Social et Libéral que je dirige, l’a compris depuis toujours et appelle toutes les filles et fils de Guinée à un sursaut national pour relever les défis qui nous interpellent.

Mes chers compatriotes,

En réalité, nous sommes désormais placés devant un choix dont les termes sont clairs : accepter passivement que notre Patrie devienne le champ clos d'intérêts totalement étrangers aux nôtres. Dans cette funeste hypothèse, notre pays deviendrait alors, à l'instar de la Sierra-Léone et du Liberia des années 90, le théâtre des guerres civiles dont le seul enjeu serait le contrôle des ressources naturelles avec pour résultat le plus tangible, un phénomène ≪ de laïcisation ≫ de la Guinée≫. L’autre alternative, celle que je propose au nom de l'UFR à l’ensemble des Guinéens et qui est la seule voie du redressement national, c’est de se rassembler pour bâtir un Etat de Droit, qui puisse nous garantir un développement économique et social durable. Fort de ces quatorze dernières années passées au service de mon pays, d'abord en tant que Premier Ministre mais aussi Leader de parti politique d'opposition, j'ai appris à être à l'écoute des Guinéens. C'est pourquoi le Rassemblement que je souhaite bâtir avec vous, n’est pas un consensus sans contenu. Il ne s’agit pas non plus de dissimuler les difficultés de cohabitation que nous rencontrons parfois. En ce sens, la Guinée est notre bien commun. Il s’agit de vous inviter à un dialogue direct et franc, sans intermédiaire ni faux fuyant, pouvoir débattre de toutes les exactions injustifiables infligées à nos compatriotes de quelque appartenance que ce soit. Les pouvoirs successifs depuis l'indépendance ont complètement fragilisé notre pays, ses institutions et ses hommes. Il ne s’agit cependant pas d’instruire un procès contre telle ou telle catégorie de population, mais d’examiner ensemble les convulsions douloureuses de notre Histoire commune, d’en repérer les causes, situer les responsabilités et saluer la mémoire des nombreuses VICTIMES, afin de créer les conditions qui ouvriraient la voie à une franche réconciliation nationale.

C’est aussi dans sa capacité à surmonter ses difficultés de cohabitation qu’une Nation se construit et peut bâtir un avenir heureux pour tous ses enfants. L'état de Droit en est le cadre et l’outil principal. Une nation ayant fait la paix avec elle-même, peut plus aisément réussir un programme de développement économique et social. C’est à cela que je convie nos compatriotes, sans distinction aucune.

Chers Compatriotes,

Il n’est pas utile d’énumérer les problèmes économiques et sociaux auxquels notre pays est confronté. Tous les guinéens les connaissent parfaitement et en mesurent l’ampleur. Dans cette optique, notre politique économique et sociale future devra obéir à un plan d’action ambitieux en trois phases :

A). Renforcer la vocation agricole de notre pays tout en diversifiant son économie

L’affirmation habituelle répandue selon laquelle la Guinée serait un ≪ scandale géologique ≫ en raison de sa dotation en certaines ressources minières, est une illusion dangereuse dont nous devons nous débarrasser. L’extraction de tel ou tel minerai n’est pas forcement inutile mais elle ne permet d’enclencher un début de ≪profitabilité ≫ économique que si nous maitrisons un certain nombre de mécanismes industriels et financiers ; ce qui ne se fera pas dans l'immédiat alors que nous devons créer parallèlement des emplois notamment pour les jeunes.

Notre véritable Richesse, c’est notre sol. La pluviométrie dans notre pays est bonne. Le sol est fertile. Nous disposons d’immenses plaines, propices aux cultures vivrières et d’exportation. Nos eaux territoriales marines sont, malgré le pillage, parmi les plus poissonneuses en Afrique de l'Ouest. Sur le plan de la production vivrière, les potentialités agricoles de notre pays auraient dû nous permettre une quasi-autosuffisance alimentaire, ou tout au moins, rendre marginale l’importation de riz, comme c'était le cas avant l'Indépendance. Mais, exception faite de la Guinée Forestière, nos potentialités vivrières sont inexploitées ou mal exploitées. Il est impératif que le caractère prioritaire, maintes fois proclamé de l’agriculture, se traduise dans la réalité quotidienne, et d’abord au niveau des petits producteurs. C’est la voie unique pour une autosuffisance alimentaire sans laquelle, tout autre projet utile au pays, est d’avance voué à l’échec. Les cultures d’exportation quant à elles, trouveront plus facilement des investisseurs, nationaux ou extérieurs. Ce cadre de développement nous l'avons clairement défini dès 1998 par la mise en place de la Lettre de Politique de Développement Agricole (LDPA I & II) malheureusement jamais appliquée.

La protection et la préservation de notre environnement naturel est aussi une condition essentielle au succès de cette politique. A cet égard, la création et la formation d’un important corps de gardes forestiers et environnementaux sont indispensables. De même, un corps de garde-côtes pour surveiller efficacement nos zones économiques marines est utile à constituer. Ces deux corps pourraient résorber une partie des effectifs de l'armée dans le cadre de la réforme envisagée des corps de défense et de sécurité, financée par l'aide extérieure avec la mise en place d'un régime civil. Cette réforme nécessaire et urgente fera l'objet d'un programme particulier.

B). Eduquer, Former et Soigner les populations

Ce qu’il est convenu d’appeler développement économique et social, provient pour une large part d’une population éduquée, c’est-a-dire intellectuellement et professionnellement bien formée, d’une population bien soignée, donc en bonne santé, d’une population correctement nourrie et donc énergique au travail. La politique éducative et universitaire est à revoir de fond en comble. Je suggère de privilégier la formation professionnelle moyenne et de haut niveau. Ce constat m'avait déjà amené à créer dans le gouvernement du 9 juillet 1996, un ministère de l'enseignement technique et de la formation professionnelle à cet effet.

L’enseignement doit prioritairement dispenser aux Jeunes, une formation qu’ils peuvent directement mettre en valeur pour leur propre compte, ou dans le cadre d’un contrat de travail. Il s'agit aussi d'absorber les différentes promotions des universités guinéennes, toujours en quête d'emploi. L'objectif étant également l'amélioration de la fonction publique et de la bureaucratie gouvernementale.

C). Doter le pays d’infrastructures reliant les Régions naturelles les unes aux autres.

Les infrastructures collectives (voies de communication, de télécommunications, production et distribution d’énergie et d’eau, chemins de fer…), en plus de leur impact économique évident sur le pays, constituent aussi un moyen d’aménagement du territoire. L’égal aménagement de tout le territoire national contribue aussi à faire naitre le sentiment d’appartenir au même pays, et d’être également traité par un Etat crédible. Le financement de ces travaux est coûteux, mais des bailleurs et partenaires au développement sont disposés à investir en Guinée :

- assurer un environnement juridique et institutionnel favorable et sécurisé, dans un Etat capable de respecter ses engagements tout en évitant la corruption généralisée et la bureaucratie.

- garantir un environnement sociopolitique stable.

Une Guinée réconciliée et engagée sur la voie de développement sera un pôle économique attractif pour l’ensemble de la Sous - Région. Nous en avons les potentialités. Nous en avons les compétences, pourvu que l’on sache les rassembler autour d’un même projet.

Chers Compatriotes,

Voici donc, en cette fin d’année et au nom de l’U.F.R., les principes essentiels dont s’inspirera notre action, si un jour les Guinéens décident de me confier les destinées de notre pays. Si tel était le cas, comme je le souhaite, le gouvernement que je nommerais et qui sera chargé de mettre en œuvre ce programme d'union nationale et d'action, ne sera pas celui d’un parti, d’une région ou d’un groupe. Il sera compose de tous les enfants du pays, d’où qu’ils viennent, quelle que soit leur appartenance partisane. J'ai souhaite dans cette ambiance générale d'incertitude et même de découragement pour certains de nos compatriotes, vous dire combien, je continue de croire a un destin fait de bonheur partagé pour tous les guinéens. Voilà la raison de mon ambition pour la Guinée, car nous avons le devoir d'offrir une nouvelle perspective à notre pays. Au nom de l’U.F.R., et en mon nom personnel, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2010. Que la Paix vous accompagne et que Dieu bénisse la Guinée et protège ses enfants.

Sidya TOURE

Ancien Premier Ministre de 1996 à 1999

Président de l’U.F.R.

Monday, February 15, 2010

Gouvernement de transtion du premier ministre Jean-Marie Doré

1 - Ministère d’Etat chargé de la sécurité et de la protection civile,Général Mamadouba Toto Camara, confirmé

2 - Ministère D’Etat chargé de l’administration du Territoire et des affaires politiques, Dr Néwa Damé

3 - Ministère d’Etat chargé des affaires étrangères et de la francophonie, Mr Bakary Fofana

4 - Ministère chargé des microfinances, emploi des jeunes et de la promotion féminine, Dr Mariame Béavogui

5 - Ministère de la justice, garde des sceaux, Colonel Siba Lolamoum, confirmé

6 - Ministère de la décentralisation et du développement local, Mr Gilbert Ifono

7 - Ministère de l’économie et des finances, Mr Kerfalla Yansané

8 - Ministère du plan, de la coopération internationale et de l’intégration africaine, Mme Zeinab Saifon Diallo, confirmée

9 - Ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’éducation civique, Dr Amadou Lélouma Diallo

10 - Ministère de l’enseignement technique te de la formation professionnelle, Dr Saliou Béla Diallo

11 - Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mr Gandi Tounkara

12 - Ministère de l’agriculture, Lieutenant Colonel Kéliti Faro

13 - Ministère de l’environnement, des eaux et forêts, Mr Georges Niankoye Délamou

14 - Ministère des mines et de la géologie, Mr Mahmoud Thiam, confirmé

15 - Ministère de l’énergie et de l’hydraulique,Capitaine Mamdou Sandé

16 - Ministère de l’habitat, Elhadj Mansour Kaba

17 - Ministère du commerce et de l’industrie et de la promotion du secteur privé, M.Mamadou Niaré

18 - Ministère des transports, Colonel Mathurin Bangoura

19 - Ministère de la pêche et de l’aquaculture, Colonel Mamadou Korka Diallo

20 - Ministère des travaux publics, El-hadj Yamodou Touré, syndicaliste

21- Ministère de la fonction publique et reforme administrative, du travail et de l’emploi, Mme Mariama Penda Diallo, syndicaliste

22 - Ministère de la santé et de l’hygiène publique, Dr Ibrahima Sow

23 - Ministère de la jeunesse et des sports, M.Thierno Aliou Diaouné

24 - Ministère du contrôle et des audits,M.Kerfalla Camara

25 - Ministère de la communication, M.Aboubacar Sylla, administrateur

26 - Ministère de la culture et des arts, M.Fodéba Isto Keira

27 - Ministère du tourisme et de l’hôtellerie,Mme Sy Mariame Diallo, opératrice économique

28 - Ministère de l’élevage, M.Mouctar Diallo, NFD

29 - Ministère des Guinéens de l’étranger, M.Lucien Mbendou Guilao

30 - Ministère des postes et télécommunication et des nouvelles technologies,Mr Talibé Diallo

31-Ministre de la solidarité nationale, Mem Nanfadima Magassouba

32-Ministre de l'Alphabétisation et promotion des langues nationales, El-hadj Bamba Sylla

33 - Secrétariat général du gouvernement,M.Sékou Kissa Camara

34 - Secrétariat général aux affaires religieuses, Dr Koutoubou Sanoh

Friday, January 29, 2010

Des jumeaux nés de pères différents


Un phénomène très rare chez les humains. Mais pas impossible.Lire la suite l'article

C'est l'histoire d'un homme, A.K., qui apprend qu'il n'est le père que d'un seul de ses jumeaux... L'information provient du quotidien turc Sabah.

Cet agent de sécurité à Istanbul doutait de la fidélité de son épouse et a fait faire des tests ADN sur ses jumeaux âgés de trois ans. Fiables à 99,9%, les résultats de ces tests ont montré qu'il n'était le père que d'un seul des garçons.

Selon Joëlle Bellaïsch-Allart, gynécologue-obstétricienne, il s'agirait non pas "d'une superfécondation -intervient lorsque la femme est déjà enceinte et qu'une autre fécondation a lieu- mais d'une double fécondation." "Les spermatozoïdes ayant une durée de vie de huit jours, cette femme a pu avoir des rapports avec deux hommes différents. Son ovulation aurait donc eu lieu au même moment, mais l'ovule aurait été fécondé par deux spermatozoïdes ne venant pas du même homme."

Une thèse que défend également le professeur Rusen Aytac, chef du département de gynécologie de l'Université d'Ankara:"si cette femme a des relations sexuelles avec deux hommes différents dans une courte période, cela peut aboutir à une grossesse double, chaque ovule portant un matériel génétique différent."

Et il s'avère que la mère entretenait une relation avec un homme peu de temps avant que sa famille ne l'oblige à se marier avec A.K..

Le dénouement de l'histoire? Le père a engagé une procédure de divorce. Il a décidé de conserver la garde de son enfant biologique. Quant au frère jumeau, il a été placé en institution.


Retrouvez cet article sur LEXPRESS.fr

Kabiné Komara : « J'ai la conscience tranquille »


Par RFI

Il fut le Premier ministre guinéen du gouvernement de transition durant un peu plus d'un an avant de passer la main mardi 26 janvier 2010 à Jean-Marie Doré... Kabiné Komara, Premier ministre effacé, tire aujourd'hui le bilan de son action.Malgré le massacre du stade à Conakry en septembre dernier, Kabiné Komara qui n'a manifestement pas pu influencer la junte de Dadis Camara dit dans un entretien avec RFI, « avoir la conscience tranquille ».

RFI : En arrivant au poste de Premier ministre le 31 décembre 2008, vous disiez «J’adhère profondément aux idéaux de la junte ». Est-ce toujours le cas aujourd’hui ?

Kabiné Komara : Bien sûr que ce que le CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement) avait comme idéal en décembre 2008 avait mobilisé toutes les populations guinéennes et avait suscité même à travers le monde un très fort courant de sympathie. Donc aujourd’hui, si ces idéaux sont répétés et réécrits et suivis je vous l’assure qu’il y aurait plein d’adeptes pour y adhérer.

RFI : Mais n’avez-vous pas le sentiment qu’en un an, ces idéaux ont été dévoyés ?

KK : Il y a les idéaux, il y a la pratique. A la pratique, l’homme change. Quand il est apparu que les délais des élections commençaient à être décalés, naturellement les uns et les autres ont commencé à se poser des questions. Et c’est là que chacun de nous, de la manière qu’il a pu, a mobilisé la communauté internationale pour qu’elle vienne intervenir de façon à ce que la trajectoire soit remise sur les rails.

RFI : Vous disiez tout à l’heure « L’homme change ». Est-ce que ça signifie que vous avez vu Moussa Dadis Camara changer en un an ?

KK : J’ai beaucoup vu, surtout beaucoup de gens autour de lui changer, certains de l’entourage du président et du système ont dû penser que la parole donnée devrait être amendée.

RFI : Lorsque vous avez compris que Moussa Dadis Camara changeait d’optique sur sa candidature à l’élection présidentielle, lui en avez-vous parlé, avez-vous tenté de le mettre en garde ?

KK : Je dois vous dire que le président ne m’a jamais dit « monsieur le Premier ministre, je veux être candidat ». Jamais. Chaque fois que nous discutions, c’était dans l’optique de continuer le processus pour que des élections libres et démocratiques soient tenues, conformément à l’engagement initial. Mais dans les prises des positions des uns et des autres, on voyait qu’il y avait une certaine tendance au changement. Mais le président n’a jamais eu le courage de me dire « monsieur le Premier ministre, je veux être candidat ».

RFI : Et vous n’avez jamais eu le courage de le mettre en garde contre les dangers d’une telle mesure ?

KK : Mais si que j’ai utilisé les moyens que je pouvais pour réconcilier et rapprocher les uns et les autres, attirer leur attention sur les risques qui pourraient courir sur le pays si telle ou telle attitude était engagée. Je ne dirais jamais, et ce serait faux de dire que j’avais le moyen d’influencer le président Dadis Camara. Chacun a son caractère et son tempérament.

RFI : Mais est-ce que ce n’est pas un peu facile de dire toujours que ce sont les entourages qui sont responsables, que les vrais décideurs ne sont jamais responsables ?

KK : Je vous laisse juge de cette phrase mais ce que je sais, c’est que quand on est soumis à un faisceau de pressions et de louanges dans un certain contexte, on peut faiblir.

RFI : Et quel est cet entourage. Est-ce qu’il a un nom ? Qui sont ces gens qui ont tenté de le manipuler, selon les mots que vous employez ?

KK : Notre pays est encore fragile et je me suis toujours engagé à réconcilier les uns et les autres. Donnons la chance aux uns et aux autres de continuer encore à reconstruire positivement la Guinée.

RFI : Pourquoi n’avez-vous pas démissionné au lendemain du massacre du 28 septembre ?

KK : Ma démission, à l’époque, aurait précipité le chaos. Je le dis avec conviction.

RFI : Mais quand même, est-ce qu’il n’y a pas des moments dans la vie d’un homme, d’un responsable politique, où les principes moraux doivent l’emporter sur les autres considérations ?

KK : Je vous laisse juge de cela, mais je suis très heureux au contraire qu’aujourd’hui, même ceux qui me poussaient à démissionner, y compris au sein de la communauté internationale, aient reconnu aujourd’hui la justesse et le courage de la décision que j’ai pris à ce moment-là.

RFI : Qui a reconnu cela ?

KK : J’ai reçu une lettre de félicitations de la CEDAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) au nom de la communauté internationale. J’ai reçu la semaine dernière quatre déclarations conjointes individuelles, du représentant des Nations unies, du ministre nigérien des Affaires étrangères, du médiateur, de la CEDAO et d’autres, pour m’encourager, me féliciter et me remercier d’avoir pris ce risque de rester assermenté à un moment particulièrement palpitant et dangereux. J’ai, du peu que j’ai pu, essayé de sauver l’essentiel. Croyez-moi, tout ne peut pas être dit. J'ai la conscience tranquille. Ce n’est pas un motif de fierté, mais c’est quelque part une raison pour moi d’être tranquille avec ma conscience.

TAGS : GUINÉE

Discours de l'empereur Hailé Sélassié (extraits).

Le 25 mai 1963, l'empereur éthiopien Hailé Sélassié s'adresse aux représentants des pays africains, venus à Addis Abeba, pour s'entendre sur les modalités de la création d'une organisation commune, qui deviendra l'Organisation de l'unité africaine.

Il s'agit d'un jour capital et historique pour l'Afrique et tous les Africains. Nous sommes aujourd'hui sur la scène internationale face à un public international. Nous nous sommes réunis pour affirmer notre rôle dans la conduite des affaires du monde et pour conférer de notre pouvoir au grand continent et aux 250 millions de gens que nous dirigeons. L'Afrique se trouve aujourd'hui à mi-chemin, en transition de l'Afrique d'hier à l'Afrique de demain. Nous sommes ici en train de sortir du passé et d'avancer vers l'avenir. La tâche que nous nous sommes fixée, la construtc tion de l'Afrique, attendra. Nous devons agir, préparer et former l'avenir, laisser notre marque sur les évènements alors qu'ils disparaissent dans l'histoire.

Au cours de cette conférence, nous devons déterminer si nous sommes prêts à aller de l'avant et à tracer le cours de notre destinée. Il n'est pas moins important que nous sachions d'où nous venons. La connaissance de notre passé est essentielle à la définition de notre personnalité et de notre identité en tant qu'Africains.

Le monde n'a pas été fait par morceaux. L'Afrique n'a pas été créée ni plus tôt, ni plus tard qu'aucune autre région géographique de ce globe. Les Africains possèdent tous les attributs humains, ni plus ni moins que les autres hommes. Ils en ont les talents, les vertus, aussi bien que les défauts.
Il ya quelques milliers d'années, des civilisations prospères ont existé sur ce continent. Celles-ci n'étaient en rien inférieures à celles qui existaient alors dans d'autres continents. Les Africains étaient politiquement libres et économiquement indépendants. Ils avaient leur propre structure sociale, et leurs cultures étaient véritablement autochtones.

L'obscurité qui entoure ces siècles entre les premiers jours et la redécouverte de l'Afrique est en train de se dissiper. Ce qui est sûr c'est que durant ces longues années, des Africains sont nés, ont vécu et sont morts. Des hommes des autres régions du monde ne se préoccupaient que d'eux-mêmes, et dans leur suffisance, proclamaientt que le monde commençait et finissait selon leurs vues, avec leurs horizons. Inconnue à ces hommes, l'Afrique développait ses propres sociétés, vivant sa propre vie, et au XIXe siècle, finalement réémergeait dans la conscience du monde.

Point n'est utile de revenir longuement sur les évènements de ces 150 dernières années. La période coloniale culmina par la mise en chaîne et l'asservissement de notre continent. Nos peuples, autrefois fiers et libres, furent réduits en en esclavage et humiliés. L'Afrique a été tailladée et on lui a imposé des frontières artificielles et arbitraires. Nombre d'entre nous, au cours de ces années d'amertume, ont été vaincus dans des batailles, et ceux qui ont échappé à la conquête l'ont fait au prix d'une résistance desespérée et sanglante. D'autres ont été vendus au prix imposé par les colonialistes pour leur "protection" et celle des territoires dont ils jouissaient. L'Afrique était une ressource qui devait être exploitée et les Africains des biens physiques à acheter, ou au mieux des populations à réduire à l'état de vassaux et de laquais. L'Afrique était le marché pour les produits d'autres nations et la source des matières premières qui nourrit leurs usines.

Aujourd'hui, l'Afrique est sortie de cette sombre période. L'Armageddon fait partie du passé. L'Afrique vient de renaître comme un continent libre, et les Africains comme des hommes libres. Le sang qui a été versé et les souffrances éprouvées sont les meilleurs gages de notre liberté et de notre unité. Quel que soit le lieu de notre rencontre, c'est avec respect que nous nous souviendrons de tous ces Africains qui refusèrent d'accepter le jugement passé contre eux par les colonialistes et les impérialistes, de tous ceux qui eurent espoir, sans faiblir, dans les moments les plus sombres, en une Afrique libérée de toute servitude politique, économique et spirituelle.
Beaucoup d'entre eux n'ont jamais mis les pieds sur ce continent. D'autres, au contraire, y sont nés et y sont morts. Ce que nous pouvons dire aujourd'hui n'ajoutera pas beaucoup à l'héroïque combat de ceux qui, par leur exemple, nous ont montré combien la liberté et la dignité humaine sont précieuses, et combien la vie a peu de valeur sans ces notions. Leurs faits et actions sont inscrits dans l'histoire.

La victoire de l'Afrique, bien qu'évidente, n'est pas encore complète, et des zones de résistance perdurent. Aujourd'hui, notre plus grande tâche est la libération finale de ces Africains encore dominés par l'exploitation et sous le contrôle de puissances étrangères. Avec cet objectif et ce triomphe sans condition à notre portée, ne faillissons pas, ne traînons pas, ne nous reposons pas. Nous devons faire cet ultime effort. Ne soyons pas las de nos combats quand tant de choses ont déjà été accomplies que l'excitation du travail accompli nous amène près de la satiété. Notre liberté n'a pas de sens tant que tous les Africains ne sont pas libérés. Nos frères dans les Rhodésies, au Mozambique, en Angola, en Afrique du Sud, implorent dans l'angoisse notre soutien et notre aide. Nous devons faire pression en leur nom pour qu'ils puissent accéder à une indépendance pacifique. Nous devons nous rallier leurs rangs et nous identifier avec toutes les formes de leur combat. Ce serait une trahison si nous nous contentions de faire semblant de les soutenir et que nous ne traduisions pas nos paroles par des actes.

À ceux-là, nous disons, vos appels ne seront pas vains. Les ressources de l'Afrique et de toutes les nations qui sont éprises de liberté se mobilisent pour vous. Soyez courageux, votre délivrance est proche.

Alors que nous renouvelons nos voeux pour que toute l'Afrique soit libres, essayons de panser nos vieilles blessures et oublions nos cicatrices. C'est ainsi que l'Ethiopie a traité son envahisseur il y a 25 ans, et les Ethiopiens ont trouvé la paix avec honneur de cette manière. Les souvenirs des injustices passées ne doivent pas nous détourner des affaires plus pressantes. Nous devons vivre en paix avec nos anciens colonisateurs, faire taire les récriminations et l'amertume, renoncer au luxe de la vengeance et des représailles, ne pas laisser l'acidité de notre haine entamer nos âmes et empoisonner nos coeurs. Agissons en accord avec la dignité que nous avons réclamée pour nous, Africains, fiers de nos caractères spécifiques, de notre particularisme et de nos compétences. Nos efforts d'hommes libres doivent permettre d'établir de nouvelles relations, dépourvues de resentiment et d'hostilité, restaurer notre confiance et notre foi en nous-mêmes en tant qu'individus, sur la base de l'égalité avec les autres peuples libres.

Aujourd'hui, nous regardons vers le futur, calmement, avec confiance et courageusement. Notre vision de l'Afrique n'est pas seulement celle d'une Afrique libre mais celle d'une Afrique unie. Face à ce nouveau défi, nous pouvons trouver réconfort et encouragement dans les leçons du passé. Nous savons qu'il y a des différences entre nous. Les Africains sont issus de différentes cultures, avec des valeurs et des caractères particuliers. Mais nous savons aussi que cette unité peut exister et a été possible avec des hommes d'origine disparate, que les différences de race, de religion, de culture, de tradition, ne constituent pas un obstacle insurmontable au rassemblement futur des peuples. L'histoire nous enseigne que l'unité c'est la force, et nous avertit que nous aurons à surmonter et dépasser nos différences dans la quête des objectifs communs, à nous efforcer, tous unis, d'ouvrir le chemin à une véritable fraternité et unité africaine.

Certains prétendent que l'unité africaine est impossible à atteindre, que trop de forces nous en empêchent, que ce soit dans cette direction ou celle-là, et que nous ne vaincrons pas ces résistances. Il n'y a ni doute, ni pessimisme, ni absence de critiques et de commentaires. Ils parlent d'Afrique, du futur de l'Afrique et de sa place au XXe siècle sur des tons sépulcraux. Ils prédisent les dissensions, la désintégration au sein des Africains, les luttes fratricides et le chaos pour notre continent. Confondons-les et par nos actes, jetons les dans la confusion.

Il y a les autres dont les espoirs portés sur l'Afrique brillent de tout leurs feux, qui debout, le visage éclairé par l'émerveillement et l'admiration à l'idée d'une vie nouvelle plus heureuse, à laquelle ils se sont commis pour sa réalisation et sous l'impulsion de leurs frères auxquels ils doivent les gains du passé. Récompensons leur confiance et méritons leur approbation.

La route vers l'unité africaine est déjà jalonnée de repères. Ces dernières années nous avons eu des rencontres, des conférences, des déclarations, des engagements. Des organisations régionales se sont créées. Des groupes locaux d'intérêts communs, de même origine ou de traditions ont été constitués.

A travers tout ce qui a été dit, écrit et accompli ces dernières années, il y a toujours eu le même thème. L'unité est l'objectif reconnu. Nous discutons sur les moyens; nous discutons sur les voies alternatives pour le même but; nous nous sommes engagés dans des débats sur les techniques et les tactiques. Mais quand on retire la sémantique, il n'y a pas de dispute entre nous. Nous sommes déterminés à créer l'union des Africains.

Au sens strict du terme, notre continent n'est pas encore construit; il attend encore sa création et ses créateurs. Il est de notre devoir et de notre privilège de réveiller le géant endormi de l'Afrique, non pas pour répondre au nationalisme européen du XIXe siècle, non pas pour répondre à une conscience régionale, mais pour la vision d'une unique fraternité africaine, mettant toutes ses forces unies dans l'accomplissement d'un objectif plus grand et plus noble.

Par-dessu tous, nous aurons à éviter les pièges du tribalisme. Si nous nous divisons selon des lignes tribales, nous ouvrons nos portes aux interventions étrangères et à leurs conséquences potentiellement dommageables. Le Congo est la preuve évidente de ce que nous sommes en train de dire. Nous ne devrions pas nous laisser entraîner par la complaisance au vu de l'amélioration de la situation dans ce pays. Les Congolais ont souffert de maux qui n'ont pas encore été dits et la croissance économique du pays a été retardée par les luttes tribales.

(...)

Cepenant, nous ne devrions pas nous inquiéter : notre unité ne peut se construire en un jour. L'unité que nous cherchons viendra graduellement. Elle progressera de jour en jour, nous emmenant lentement mais inexorablement dans sa course. Nous avons devant nous les exemples des Etats-Unis et de l'Union des Républiques Socialistes et Soviétiques. Nous devons nous souvenir combien de temps ils ont eu besoin pour achever leur unité. Quand les fondations sont solides, si le maçon est capable et que les matériaux sont de bonne qualité, la maison à construire sera solide.

(...)

Ce dont nous avons besoin est d'une seule organisation qui parlera d'une seule voix pour toute l'Afrique, au sein de laquelle les problèmes de l'Afrique seront analysés et résolus. Nous avons besoin d'une organisation qui permettra des solutions acceptables aux disputes inter-africaines et qui promouvra l'étude et l'adoption des mesures de défense commune et des programmes de coopération dans les domaines économiques et sociaux. A l'occasion de cette conférence, créons une seule institution à laquelle nous appartiendrons tous, basée sur les principes auxquels nous souscrivrons, confiants que dans ses conseils, nos voix auront leur poids, sécurisé par le fait de savoir que les décisions qui seront prises le seront par des Africains, et seulement par des Africains, et qu'elles prendront entièrement en compte les considérations vitales des Africains.

Nous sommes réunis ici pour jeter les bases de l'unité africaine. Nous devons par conséquent, ici même et aujourd'hui, nous mettre d'accord sur l'instrument de base qui constituera le fondement du développement futur de ce continent dans la paix, dans l'harmonie et dans l'unité.

( ...)

Cette conférence ne peut se terminer sans l'adoption d'une Charte africaine unique. Si nous nous laissons guider par le souci d'un intérêt étroit et par une vaine ambition, si nous échangeons nos croyances pour des avantages à court terme, qui prêtera foi à nos paroles, qui croira à notre désintéressement ? Nous devons faire connaître nos opinions, sur les grands problèmes qui préoccupent le monde, avec courage et avec sincérité, en disant ce qui est.

( ...)


Source: http://www.rfi.fr/contenu/20100129-extraits-discours-lempereur-haile-selassie-25-mai-1963-loua

Thursday, January 28, 2010

Discours de Passation de service de Monsieur Kabinet Komara, Premier Ministre sortant du Mardi, 26 janvier 2010


Excellence Monsieur le Premier Ministre,

Messieurs les Membres du Conseil National pour la Démocratie et le Développement,

Messieurs les Présidents des Institutions Républicaines,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et Consulaire accrédité en Guinée,

Mesdames et Messieurs les Membres des Institutions Internationales,

Messieurs les Officiers Supérieurs de l’Armée Guinéenne,

Mesdames et Messieurs les Forces Vives de Guinée,

Mesdames et Messieurs les Hauts Cadres de l’administration,

Distingués Invités,

Un adage d’un pays ou j’ai vécu dit que la vie est faite de plusieurs matins, autrement dit que chaque lever du jour peut être porteur d’espoir pour ceux auxquels Dieu a donné la chance de demeurer vivants ce jour la.

C’est donc animé de ce sentiment de confiance en l’avenir de notre cher pays que je voudrais très sincèrement féliciter notre frère et aîné Jean-Marie DORE pour sa nomination comme Premier Ministre Chef du Gouvernement.

Je salue à cet effet le courage et la lucidité du Général Sékouba KONATE, Président par intérim pour avoir compris le sens de l’histoire et répondu aux attentes légitimes du peuple en créant les conditions qui nous permettent de célébrer aujourd’hui un nouveau départ pour notre pays.

Je salue aussi la sagesse et le réalisme de son compagnon d’arme, le Président Capitaine Moussa Dadis CAMARA pour son soutien responsable et courageux aux récentes initiatives de sorties de crise de notre pays.

Pour moi qui avais déclaré au plus fort moment de la crise que je refusais de sauter hors du navire en feu et que je préférais rester à bord , contre vents et marées, avec pour seul objectif de contribuer d’abord à éteindre le feu et aider à réconcilier les uns et les autres avant tout sort personnel, vous conviendrez avec moi que Dieu le Tout Puissant ne pouvait pas me réserver meilleure récompense que ce que nous vivons aujourd’hui. C’est pourquoi j’exprime au Seigneur mon infinie gratitude et je réaffirme ma chaleureuse reconnaissance à tous ceux qui ont contribué par leurs divers sacrifices, leurs conseils et leurs générosités à ce nouveau matin d’espoir pour mon pays.

Monsieur le Premier Ministre,

Tout le monde sait que notre pays revient de loin. En effet, après plus d’un demi-siècle d’indépendance marqué par des moments de gloire et de tragédies, la Guinée semblait avoir perdu son destin. Jamais les prémices d’une implosion sociale insensée n’avaient été aussi préoccupantes, en raison de l’extrême gravité des tragédies récurrentes de ces dernières années.

Monsieur le Premier Ministre,

Chers Invités,

D’aucuns auraient voulu qu’un discours de passation de service soit essentiellement l’occasion de faire un bilan. Vous me permettrez de déroger à cette attente pour partager avec vous certaines réflexions profondes pouvant vous permettre d’accomplir votre mission le plus efficacement et le plus rapidement possible car le temps vous est compté.

Dans la dynamique du discours du 23 décembre 2009 du Général KONATE, je m’étais engagé dès le 31 décembre dans mon adresse à la Nation à tout mettre en œuvre pour faciliter le travail du nouveau Gouvernement.

A un moment où les guinéens sont entrain de surprendre l’humanité toute entière par leur capacité de sursaut, nous devons en effet tous contribuer à rendre notre pays fréquentable, par nos actes, nos contributions sincères et désintéressées.

Monsieur le Premier Ministre,

Je sais que vous avez une feuille de route toute centrée sur le retour à l'ordre constitutionnel, autrement dit l'organisation d'élections libres.

Le banquier que je suis, sait que la réussite de tous autres projets à caractère économique et social suppose que l’agenda des mesures politiques soit parallèlement mis en œuvre, faute de quoi, les aides et les soutiens promis par la communauté internationale et les pays amis ne seront pas au rendez vous. Toute votre énergie que je connais vigoureuse devra donc être dévolue à la mise en œuvre de cet agenda.

Cependant, pour atteindre cet objectif, vous ne pourrez pas faire l'économie d'un certain nombre de chantiers au nombre desquels je citerai quatre.

Tout d'abord, la restructuration des Forces de Sécurité et de Défense. Ceci est indispensable pour la stabilité des futures institutions. Sur ce sujet, en plus de l'action courageuse déjà engagée par Son Excellence Monsieur le Président de la République par intérim, le Général Sékouba KONATE, j'ai le plaisir de vous dire que l'accord des Nations Unies et de la CEDEAO est déjà obtenu pour nous accompagner. La nouvelle dynamique de sortie de crise vous permettra, j'en suis sûr, d'en activer la mise en œuvre.

Le deuxième chantier concerne la Réconciliation Nationale. Quand bien-même le schéma inespéré de sortie de crise est salué par tous, il y a lieu de se convaincre que la situation est encore fragile. Vos grands atouts de vétéran de la politique guinéenne, caractérisé par une forte capacité de médiation aidera, j'en suis sûr, à combattre les extrêmes, tous les extrêmes, à reconnaître les torts, panser les plaies, rendre la justice et réconcilier les guinéens.

Dans ce cadre, la façon avec laquelle les Forces Vives, fer de lance de la future équipe gouvernementale, devront intégrer dans leur approche, sans triomphalisme et de manière intelligente, le souci de tenir compte des avis des autres formations dans un but de rassemblement pour une transition plus apaisée et plus consensuelle.

Le troisième chantier que je vous suggère, Monsieur le Premier Ministre, est le rétablissement très rapide des relations avec la communauté internationale, pour lever les sanctions, mobiliser les concours financiers, rétablir les principaux équilibres macroéconomiques, stabiliser la monnaie et combattre l'inflation. Le formidable soutien exprimé par la communauté internationale face à la nouvelle situation dans notre pays sera un atout important. Chaque guinéen doit se saisir de cette opportunité pour vous soutenir et vous accompagner avec sincérité, car votre réussite en la matière améliorera le bien être de tous et de chacun.

Le dernier chantier qui découle du précédent concerne la promotion du plein emploi à travers un meilleur comportement de l'Administration vis-à-vis de tous les secteurs publics et privés qui sont les vrais créateurs de richesses et d'emplois. C’est ce qui créera surtout un réel espoir pour nos milliers de jeunes en quête d’emploi.

Dans ce domaine, un certain nombre de dossiers spécifiques tels que la création du Fonds de Développement Economique et Social, doté déjà de seize milliards de francs guinéens par la Banque Africaine de Développement, le lancement d'un projet original de riziculture devant permettre d'augmenter de 50% pour cette année la production, sont des initiatives que je vous prie de continuer. Il faut aussi ranger dans ce cadre le programme de financement du renouvellement des taxis et véhicules de transport qui est à un stade assez avancé.

Monsieur le Premier Ministre,

Chers Invités,

Je voudrais à présent mentionner quelques éléments saillants du bilan pour l’année qui vient de s’achever. Pour ce faire, je voudrais vous faire état avant tout du souhait que mon prédécesseur le Premier Ministre Dr Ahmed Tidiane SOUARE a exprimé à mon endroit lorsqu’il me passait le témoin le 2 janvier 2009 : citation <<>>.

Je vois chacun de vous sourire car pour moi le sort n’a pas permis que ces souhaits si sincères de mon prédécesseur aient été au rendez-vous à mes côtes pendant la période palpitante que je viens de passer a la Primature.

Cependant, nous devons éviter de ne garder en mémoire que nos cauchemars pour occulter les succès et acquis du parcours. Nous devons reconnaitre avec courage que quand certains de nos compatriotes ont été hélas habités par la peur et ont été des victimes regrettables de violence et d’injustice, d’autres ont pu apprécier certains hauts faits de la période. Au nombre de ceux-ci, il faut citer la courageuse croisade contre les narcotrafiquants qui avaient pris le pays en otage. Il faut aussi relever la prise de conscience qui s’est emparée du peuple à propos de l’ampleur des détournements des deniers et du patrimoine public.

Quand bien même cette lutte est à poursuivre, il y a lieu de se réjouir que pour nos compatriotes, plus rien ne sera plus comme avant dans ces domaines.

De même, alors que notre armée était apparue aux yeux de la population comme étant le pire ennemi pour la préservation de sa quiétude et de sa sécurité à travers les actes regrettables de certains hommes en uniformes, l’esprit nouveau insufflé par le Général Sékouba KONATE, fortement soutenu par la haute hiérarchie militaire et par le Gouvernement a donné une nouvelle fierté et une profonde raison d’espérer à tout un chacun.

Sur un tout autre plan, permettez-moi, de vous dire que malgré le contexte de sanctions qui frappent le pays, il a été possible de mener sans bruit et dans l'efficacité, un certain nombre de projets novateurs majeurs qui vont changer fondamentalement l'avenir de notre pays dans les trois prochaines années. Un seul de ces projets permettra, par exemple, de multiplier par dix les revenus en devises du pays pour les porter à terme à un milliard de dollars par an. Pour vous donner une idée de l’importance de cette heureuse et si prometteuse retombée, sachez que la CBG que nous considérons comme la sève nourricière de notre économie a rapporté au pays , durant les quarante années de son existence un total estimé à un peu moins de quatre milliards de dollars. Ce projet qui a été conçu avec une exigence particulière prévoit en outre, sans frais pour l'Etat guinéen, la construction d'un barrage de 100 MW et la construction de la ligne de chemin de fer Conakry – Kankan..

Pour votre information, un tel projet est tout aussi avantageux pour un pays que la découverte du pétrole en termes des revenus, d'emplois créés et en termes d'effets directs et indirects induits sur l'ensemble de l'économie.

Par ailleurs, je me réjouis d’informer nos populations, particulièrement les populations de la capitale, que la construction de la nouvelle centrale énergétique de 30 mégawatts, commencée en août dernier vient d’être achevée en un temps record à un coût défiant toute concurrence. Vous aurez le privilège, Monsieur le Premier Ministre, de l’inaugurer très bientôt, tout comme les investissements d’adjonction de capacités additionnelles d’approvisionnement en eau potable de la ville de Conakry.

Les travaux d’infrastructures routières et de voiries urbaines à Conakry et à l’intérieur du pays sont aussi à un stade avancé.

Dans le domaine de la pèche, les accords ont été renégociés au bénéfice du pays et des investissements importants ont été réalisés au profit de nos dizaines de milliers de pécheurs artisanaux et pour protéger nos eaux contre la piraterie.

Il a été aussi possible, malgré le contexte de sanction, de faire avancer les dossiers de trois grands barrages de Kaléta, de Koukoutamba et de Fomi dont la réalisation nous permettra non seulement de couvrir économiquement les besoins du pays mais également d’exporter de l’énergie vers les pays voisins.

C'est le lieu de demander à nos compatriotes de comprendre, sur ce sujet et sur d'autres, le style de travail que je me suis toujours imposé, à savoir, m'abstenir de faire des déclarations fracassantes et ne communiquer que lorsque cela était strictement nécessaire. Car ce qui compte, c'est le résultat final et non celui à qui on attribuera le crédit de tel ou tel acte.

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et Messieurs les Invites,

Permettez-moi à présent de tenter de combler la curiosité de nos compatriotes qui avaient tant voulu que je m’exprime sur un certain nombre de mes motivations et convictions.

Cela fait aujourd'hui pratiquement un an que j'ai quitté les bords du Nil en Egypte, pour venir me mettre au service de mon pays qui venait d'ouvrir une page prometteuse d'espérance et de paix pour chacun de nous à l’avènement du CNDD en décembre 2008.

En prenant une telle décision, j'étais conscient que j'abandonnais la sécurité d'emploi, le confort matériel et tous les supports qui s’y attachent et surtout la garantie de soins médicaux et d'études de mes enfants. Mais, en le faisant, j'étais surtout animé de la volonté de dépasser tous ces éléments égoïstes car il aurait été indécent pour moi de refuser de mettre à la disposition de ce pays qui m'a vu naître et qui m'a tout donné, une partie de l'expérience que j'avais acquise ici en Guinée et à travers le monde.

En prenant mes fonctions de Premier Ministre en janvier 2009, je m'étais fixé trois lignes de conduite, à savoir, servir le pays avec intégrité, le servir avec humilité et prôner la pondération et l'apaisement en toute circonstance.

Je me pose aujourd'hui la question de savoir si j'ai pu, tant soit peu, convaincre dans ces trois directions.

Au plan de l'intégrité, il serait prétentieux de se juger soi-même. Seuls mes collaborateurs pourront en faire un véritable jugement. Cependant, il ne serait pas inintéressant d'indiquer ici que, dès ma prise de service, connaissant les difficultés du pays, je me suis fait un point d'honneur d'éviter tout ce qui est ostentatoire et de servir le pays plutôt que de me servir. A titre d'exemple, j'ai évité ainsi d'occuper la résidence officielle qui m'était destinée, car pour la remettre en état, il aurait fallu à l’époque que le budget débourse près d'un milliard et demi de francs guinéens, ce qui heurtait ma conscience.

Dans le même ordre d'idées, devant l'absence de moyens budgétaires pour le fonctionnement de mon propre cabinet pendant plusieurs mois, j'ai dû recourir à mes propres deniers pour éviter toute compromission.

Ma tâche a été facilitée, je dois le reconnaitre par la grande compréhension de ma famille et particulièrement celle de mes enfants qui ont accepté d’ajuster leur style de vie dans la dignité.

C’est dans ce même esprit d’intégrité, que, au moment ou je quitte mes fonctions de Premier Ministre, je voudrais vous demander, Monsieur le Premier Ministre, d’engager un audit de tous les actes de gestion que j’ai posés et pour les décisions pour lesquelles j’ai engagé la Nation afin de rassurer tout un chacun et d’éviter les amalgames dont on est parfois coutumier chez nous.

Au plan de l'humilité, soyez rassurés chers compatriotes qu’humilité ne signifie pas démission. Dans mon cas, elle était commandée par le souci de sacrifice sincère pour sauver l’essentiel.

En effet , il m’était apparu très tôt que le rôle que je me devais de tenir dans une équipe où les mentalités, les tempéraments et les caractères étaient variés et différents, commandait en toute circonstance de ne considérer aucun écart de langage, aucune attitude désobligeante comme une offense à ma personne, mais, au contraire, de capitaliser là-dessus pour éviter que d'autres personnes n'en soient victimes, afin de prôner la cohésion, de lutter contre la division et surtout bannir les rancœurs qui sont toujours source de frustration et d'explosion.

Peu de gens ont compris à l'époque cette attitude, mais pour ma part, j’avais la ferme conviction que sans ce sacrifice nous aurions été tout droit vers une situation qui aurait conduit le pays vers l'implosion.

Au plan de la pondération, il m'est apparu très vite que mon parcours professionnel devait absolument éviter toute attitude de vanité pour rapprocher les uns et les autres tant il était clair que, quand bien même certains décideurs étaient animés de bonne volonté, que les objectifs auraient été très vite dénaturés si, en tant que Premier Ministre, je devais démagogiquement mettre de l'huile sur le feu. J'ai décidé de jouer en permanence, le rôle de sapeur pompier, vu que la fougue des uns et la moyenne d'âge des autres me donnaient une certaine prédisposition.

Je n'y ai pas toujours réussi, mais je remercie tous ceux qui m'ont encouragé dans les quelques actes dont ils ont eu connaissance. Je puis vous assurer cependant qu'avec la discrétion nécessaire, beaucoup de choses ont pu être sauvées par cette diplomatie silencieuse mais combien utile qui m'aura permis de mieux comprendre les uns et les autres, et surtout les profondeurs du mal qui ronge notre pays.

Dans le travail quotidien, l'alchimie constituée par les différents tempéraments commandait, chaque fois que possible de rechercher à tout moment à faire baisser les tensions, réorienter si nécessaire les décisions ou en temporiser l'application jusqu'à ce que de meilleurs auspices se créent.

Le plus difficile aura été de marier efficacité et cohésion. En effet, malgré la constellation d'intelligences et l'ardeur pour la réussite qui brûlaient chez les uns et les autres, le dysfonctionnement des structures n'a pas toujours permis l'examen approprié de certains dossiers et la prise de décisions judicieuses.

C'est pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, une de votre première mission devra être de combattre le dysfonctionnement et de remodeler la structure gouvernementale afin d'éviter les passe- droit, les duplications et observer la cohérence et la cohésion.

Monsieur le Premier Ministre,

Chers Invités,

Je voudrais ici faire état d’un immense regret qui m’habite à la fin de ma mission. C'est celui d'avoir été Chef du Gouvernement à un moment où le pays a connu une tragédie d'une rare bestialité, en un jour qui est normalement un jour d'honneur et de fierté pour les guinéens, à savoir le 28 septembre 2009. J'ai condamné cet acte inqualifiable qui a souille l’honneur de notre pays.. Le Peuple de Guinée retiendra solennellement que, ne pouvant retenir ma révolte, c’est à cette occasion que j’ai été amené à faire ma première intervention radiotélévisée, car la tragédie dépassait l’entendement.

Je redis encore haut et fort qu’au delà de la tragédie, il ne s'agit pas d'une comptabilité macabre et que chaque guinéen tué est une mort de trop. Je demande encore que tout soit mis en œuvre pour rendre justice, panser les plaies, réparer les torts et réconcilier les guinéens.

Je déplore également que la violence soit une voie de règlement de compte dans notre pays. En cela je condamne la tentative d'assassinat perpétrée sur la personne du Chef de l'Etat, le Capitaine Moussa Dadis CAMARA, auquel je souhaite une prompte guérison.

Avant de terminer, je voudrais remercier le Tout Puissant pour avoir permis aux Guinéens de sauver l'essentiel, en acceptant une sortie de crise qui honore tout un chacun. Je suis heureux que l'incendie à bord du navire familial soit entrain de s'éteindre, que les guinéens soient entrain de réconcilier, que le pays soit

entrain de se tourner vers un avenir plus prometteur. C'est là mon réel réconfort et mon ultime objectif.

Je voudrais à cet effet remercier tous ceux qui m'ont aidé à contribuer à cette noble tâche.

Je remercie le CNDD, son Président le Capitaine Moussa Dadis CAMARA et le Président de la République par intérim et tous leurs collègues pour m'avoir fait appel à rejoindre le pays en décembre 2008.

Je remercie la Société civile guinéenne qui, trois ans auparavant, m'avait fait l'immense honneur de me révéler à mes compatriotes, en me désignant comme l'un des quatre premiers ministrables à l'époque.

Je remercie les Chefs d'Etat des pays voisins qui m'ont accompagné par leurs fraternels soutiens et conseils.

Je remercie les Ambassadeurs des pays amis présents en Guinée, ainsi que les Responsables des institutions financières internationales qui m'ont fait confiance en maintenant avec moi un dialogue constructif malgré les sanctions qui assaillent le pays.

Je remercie les membres du Gouvernement qui ont accepté de travailler avec moi dans le dénuement, l'abnégation et la loyauté. Je remercie tous les travailleurs de la Primature et plus particulièrement ceux de mon cabinet qui ont partagé avec moi de longues heures difficiles mais également le réconfort sincère chaque fois que nous arrivions à marquer certains points.

Je remercie la presse guinéenne pour ses critiques mesurées à mon endroit et pour sa compréhension pour mon style et mes conditions de travail qui m'ont empêché de communiquer souvent avec elle.

Je remercie le peuple de Guinée pour sa très grande sérénité à mon égard et pour le respect dont j'ai joui en toute épreuve.

Je remercie l'armée guinéenne, ses officiers et hommes de rang, car malgré ce qu'on peut reprocher à certains d'entre eux, aucun n'a fait acte d'indiscipline à mon égard.

Je remercie les agents de sécurité de mon escorte qui, dans la dignité et avec esprit de sacrifice se sont rendus disponibles à tout moment et ont très souvent passé des nuits blanches quand le devoir me retenait au camp.

Je remercie les membres du Groupe International de Contact, le Président de la CEDEAO, l'Organisation internationale de la Francophonie, le Président de la Commission de l'Union Africaine, le Secrétaire de Général des Nations Unies pour toute la considération qu'ils ont accordée aux interventions discrètes et répétées que j'ai eues à faire à leur niveau pour plaider la cause du peuple martyr de Guinée, parfois a des heures indues. Je remercie toute la communauté internationale pour l’émouvante lettre de félicitations et de témoignage qu’elle m’a adressée ce 22 janvier sous la plume du Président de la commission de la CEDEAO, Dr Mohamed Ibn Chambas.

Je voudrais vous interpeller tous, vous amis de la Guinée, et vous dire que c’est plutôt à moi de vous remercier pour n’avoir jamais désespéré de mon pays. La Guinée regorge de beaucoup de filles et de fils compétents et intègres, à l’intérieur comme à l’extérieur, décides à la servir. C’est pourquoi je demande à tous ceux qui seront appelés aux commandes auprès du nouveau Premier Ministre ainsi que tous les fonctionnaires de notre administration d’avoir plus de compassion pour notre peuple martyr. Veuillez ne pas considérer cette étape de la transition comme une occasion ultime d’enrichissement personnel avant l’avènement de la démocratie. Servir et non se servir devra être le credo de tous et de chacun pour mériter des sacrifices si douloureusement consentis par notre peuple.

Enfin je remercie ceux qui ont eu le plus à donner autour de moi, à savoir mes frères et sœurs, mes amis, mais surtout mes chers enfants qui m'ont encouragé à rejoindre le pays et qui ont accepté avec dignité et stoïcisme certaines épreuves que ma charge leur a imposées. Je remercie surtout ma brave épouse dont l'extrême courage, la sincérité, la disponibilité, la compréhension et le soutien constant ont été déterminants pour moi dans cette traversée. Je remercie mes feux parents qui m’ont inculqué les valeurs sans lesquelles je n’aurais certainement pas été révélé à notre peuple.

Qu'Allah le Tout Puissant guide nos pas. Qu'Il fasse en sorte que chacun de nous s'investisse en toute sincérité pour que la nouvelle chance qui s'offre à notre pays soit profitable à tous.

Du fonds du cœur, je vous dis Bonne chance, Monsieur le Premier Ministre et cher frère aîné.

Vive la Guinée qui renait dans la dignité et la concorde.

Je vous remercie