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Saturday, June 4, 2011

Alpha Condé : "Qui oserait me donner des leçons de démocratie ?"


31/05/2011 à 18h:07 François Soudan
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Alpha Condé le 16 mai, au palais Sékoutoureya, où le président enchaîne les rendez-vous. Alpha Condé le 16 mai, au palais Sékoutoureya, où le président enchaîne les rendez-vous. © Vincent Fournier/J.A.
Remise en ordre du pays, relance de l’économie, situation politique… Le nouveau chef de l’État guinéen parle sans détour pour sa première grande interview. Volontariste et énergique, "sur tous les fronts", il promet "la fin de l’anarchie".
Alpha Condé, 73 ans, a pris son job de président comme il a embrassé, un demi-siècle durant, sa vie d’opposant : à bras-le-corps. Levé à 6 heures, couché passé minuit, il enchaîne les audiences au palais Sékoutoureya puis, le soir venu, dans sa villa de Kipé, mange peu, se fait occasionnellement masser le dos et ne se sépare jamais de ses trois téléphones portables avec lesquels il gère des affaires qui, ailleurs qu’en Guinée, pourraient paraître des détails.
Les importations de riz asiatique par exemple : l’entendre négocier lui-même le prix de la prochaine cargaison attendue dans le port de Conakry – « Je veux tout sauf du riz de Birmanie : les généraux là-bas ne sont pas des gens sérieux » – est un grand moment. Mais aussi la distribution d’eau et d’électricité dans les quartiers, la marque des véhicules de fonction, les états d’âme de la Grande Muette, des imams et des petits changeurs de francs guinéens, les bagarres de féticheurs au fin fond de la Guinée forestière et, surtout, le travail de chacun de ses ministres. Pour ce faire, « le Professeur », ou « kôrô Alpha » (« grand frère Alpha ») dispose d’une capacité d’écoute et d’un réseau parallèle d’information impressionnants. Il fait tout, voit tout, se mêle de tout, concentre toutes les décisions et ne ménage guère son corps couturé de tant de batailles, de condamnations à mort et de séjours en prison.
Dimanche 15 mai, le voici qui pose le pied sur le tarmac de l’aéroport, de retour d’une épuisante tournée de VRP en Afrique du Sud, en Turquie et dans le Golfe. Aussitôt : bain de foule, puis meeting dans une salle surchauffée du Palais du peuple au cours duquel il prononce un long discours en trois langues, français, soussou et malinké (il ne parle pas le peul), avant de tenir une séance de travail avec les chefs de l’armée puis avec son Premier ministre. « C’est vrai, je suis sur tous les fronts », confie le président élu le 7 novembre 2010 avec 52,5 % des voix et investi il y a à peine cinq mois, « mais tout ici est à reconstruire ».
À l’image de Conakry, capitale en lambeaux de deux millions d’habitants menacée d’AVC par des embouteillages cauchemardesques, le pays entier peine à sortir d’un coma de cinquante ans. La démocratie, les droits de l’homme, la bonne gouvernance y sont des notions nouvelles derrière lesquelles affleurent toujours les tensions ethniques, la violence et la corruption. C’est à cette tâche herculéenne qu’à sa manière – solitaire, déterminée, tranchante, militante, brouillonne en apparence mais dans le fond plutôt méthodique et évidemment sujette à critiques de la part d’une opposition mordante qu’il accuse désormais de vouloir recruter des mercenaires – le camarade Alpha s’est attaqué à corps perdu. Et peu importe si son sommeil est peuplé de sacs de farine, de conteneurs de riz, de barils d’huile et de kilomètres de rails…
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Jeune Afrique : Vous attendiez-vous à trouver la Guinée dans un tel état ?
Alpha Condé : Un peu, oui. Mais j’ai tout de même été surpris par l’ampleur des dégâts. Exemple : la quasi-totalité des contrats passés par l’État en 2009-2010 a été surfacturée. Certains de 200 %. La Banque centrale de Guinée était au bord de la faillite, à cause de l’utilisation abusive des avances au Trésor. Plus grave : le gouverneur de cette même banque s’est permis d’émettre des billets non sécurisés, rendant impossible la détection de la fausse monnaie ! Toute notre économie est dans un état de déliquescence avancée. Un vrai désastre.
Depuis cinq mois, qu’avez-vous fait pour tenter d’y remédier ?
Première chose : enrayer la corruption en créant l’unicité des caisses de l’État. Tous les comptes auparavant dispersés entre divers pôles autonomes – port, mines, fonds routier, etc. –, dont les titulaires usaient et abusaient à leur discrétion, ont été rapatriés au ministère des Finances. Deuxième mesure : la Banque centrale ne fait plus aucune avance au Trésor sans contrepartie des recettes correspondantes. Troisième acte de rupture avec le passé : la suppression de l’impôt de capitation, extrêmement impopulaire, et la gratuité des soins pour les femmes enceintes. La réduction drastique du déficit budgétaire aussi, ramené de 13 % du produit intérieur brut à 2 %. La révision des accords miniers, scandaleusement désavantageux pour la Guinée. La création de bureaux de change agréés et l’interdiction du change sauvage et clandestin. J’en passe. Ici, le bouleversement est quotidien.
Vous avez renégocié, avec succès, plusieurs gros contrats conclus avec des géants miniers comme Vale et surtout Rio Tinto. Comment y êtes-vous parvenu ?
C’est très simple. Rio Tinto a revendu, en 2010, 47 % de ses actions aux Chinois de Chinalco sans en informer l’État guinéen, ce qui est en contradiction avec le code minier. Et cela d’autant que sa concession expirait en février 2010. Nous avons donc exigé et obtenu de Rio Tinto une indemnisation à hauteur de 700 millions de dollars, plus 15 % d’actions gratuites et 20 % d’actions payantes, soit 35 % au total. Je crois que c’est une première en Afrique. La négociation a été ardue dans la mesure où les groupes miniers avaient pris en Guinée de mauvaises habitudes – il leur suffisait de verser des dessous-de-table pour arriver à leurs fins. Désormais, ce genre de pratiques n’a plus droit de cité. Un nouveau code minier est en préparation. Quand il sera achevé, d’ici à juillet, nous discuterons avec les autres sociétés, dont Rusal, pour qu’elles s’y conforment. Un article essentiel y figurera : toute société qui se rendra coupable de corruption se verra contrainte de payer une forte amende. Dans les cas les plus graves, le contrat sera tout simplement annulé.
La Chine a octroyé des prêts très importants et à très bas taux à l’Angola et à la RDC en échange de concessions minières. Ce raccourci ne vous tente pas ?
Non. Nous dissocions les prêts des contrats. Le contraire n’est ni sain ni transparent.
Vous avez promis de faire des audits de la gestion passée et de poursuivre ceux qui ont détourné des biens publics. Où en êtes-vous ?
Pas de chasse aux sorcières, mais une volonté forte de clarifier les choses. Les présumés coupables seront convoqués devant la justice, ils se défendront, et les juges apprécieront. Des audits ont été effectués avant notre arrivée au pouvoir, d’autres sont en cours. Pour le reste, nous avons décidé de récupérer tous les biens – terrains, villas, immeubles – appartenant à l’État et indûment accaparés par d’anciens ministres. Idem pour les commerçants qui ont osé spéculer sur les dons étrangers : ils devront rembourser ou faire face aux rigueurs de la loi.
Quand vous critiquez les commerçants véreux, la communauté peule a l’impression que vous la stigmatisez…
À tort. Ce sont quelques commerçants ayant abusé de leur monopole d’importation de certaines denrées, le riz ou la farine par exemple, que nous visons. En aucun cas les Peuls dans leur ensemble. Il faut casser les monopoles. Je l’ai dit aux commerçants peuls et libanais, je l’ai dit aux paysans, aux artisans : dans la nouvelle Guinée, il n’y aura plus de privilèges indus. Si nous voulons produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons, chacun doit être égal devant la loi.
Pourquoi avoir rendu publique la liste des quarante-deux plus gros débiteurs de l’État ? N’est-ce pas les désigner à la vindicte ?
Non. Avant de publier cette liste, nous avons donné un mois à ces gens pour qu’ils se mettent en règle, sous peine de voir leur nom étalé au grand jour. Certains l’ont fait et ont proposé à l’agent judiciaire des calendriers de remboursement. Nous en avons tenu compte et ils ne figurent pas sur la liste. Quant aux autres, ils ont pris leurs responsabilités. Ils ont pillé ce pays. Qu’ils assument.
En tête de cette liste, on trouve l’homme d’affaires Mamadou Sylla, qui, pourtant, vous a soutenu lors de la présidentielle de 2010. Il a dû être surpris…
Ce n’est pas moi qui ai confectionné cette liste, mais le ministère en charge des Audits et du Contrôle économique et financier. J’ai simplement dit : publiez-la, quelle qu’elle soit. J’avais d’ailleurs été clair à ce sujet pendant ma campagne en annonçant que je ferais tous les audits nécessaires. Lorsqu’il s’agit des intérêts du peuple et du pays, je n’ai pas d’états d’âme : je ne protège personne sous prétexte qu’il m’a soutenu.
L’Alliance Arc-en-Ciel, qui vous a porté au pouvoir, semble battre de l’aile. Certaines personnalités comme Lansana Kouyaté, Kassory Fofana, Mamadou Sylla bien sûr, s’estiment plutôt mal récompensés. Cela vous ennuie ?
Je ne m’occupe pas de cela, mais de l’application du programme sur lequel j’ai été élu. Le copinage et l’ethnocentrisme ne font pas partie de mes méthodes. Ceux qui sont d’accord avec moi me suivent. Les autres… Je me suis engagé devant le peuple, pas devant les politiciens, fussent-ils de mes alliés.
Pourtant, c’est bien d’ethnocentrisme qu’on vous a accusé entre les deux tours du scrutin présidentiel de 2010. Plus exactement, d’avoir joué la carte du « tout sauf un Peul au pouvoir »…
Écoutez. J’ai été longtemps président de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France [Feanf]. Je suis un militant de l’unité africaine. Ce n’est pas à mon âge que je vais commencer une carrière de tribaliste. Qui a mené une campagne ethnique ? Qui a dit « c’est notre tour », « c’est le tour des Peuls » ? Cellou Dalein Diallo. Beaucoup de leaders de cette communauté m’ont rejoint et m’ont soutenu, ce qui leur a valu d’être intimidés et menacés par mon adversaire. Moi, je n’ai jamais menacé un Malinké ou un Soussou parce qu’il avait rallié Cellou ! Sékou Touré était un Malinké comme moi, je l’ai combattu. Lansana Conté était un Soussou, je l’ai combattu. Mon combat n’est pas pour ou contre une tribu, il est pour la bonne gouvernance et contre ceux qui ont mis ce pays à genoux.
S’il a accepté le résultat de la présidentielle, Cellou Dalein Diallo répète que l’élection n’a pas été juste, qu’il a sauvé la Guinée de la guerre civile et qu’il ne collaborera jamais avec vous. Cela vous pose problème ?
Non. Parce que le problème ce n’est pas lui, mais l’eau, l’électricité, la pauvreté, l’autosuffisance alimentaire, bref l’essentiel. Je ne réagis pas à ce que dit ce monsieur depuis Dakar, quitte à ce qu’on me le reproche.

Lors de son bref retour à Conakry, le 3 avril, il y a eu de sérieux affrontements entre ses partisans et les forces de l’ordre.
Ses gens ont refusé de changer l’itinéraire de leur manifestation comme cela leur avait été signifié. La Guinée est devenue un État de droit, chacun doit s’y conformer. Le temps de l’anarchie, de la pagaille, des pierres jetées sur les voitures, c’est fini ! Le général français qui est venu nous aider à mettre en place le service civique pour les jeunes a été agressé et blessé dans son véhicule. C’est inacceptable. Alors oui, nous avons arrêté les casseurs. Désormais, nul n’est au-­dessus des lois en Guinée.
Le 10 mai, c’est le domicile de Cellou Dalein Diallo qui aurait été perquisi­tionné en son absence par des militaires de la garde présidentielle. Pourquoi cet acharnement ?
Vous savez, le mensonge est chez certains Guinéens une seconde nature. Il n’y a jamais eu de perquisition, mais un problème interne à la garde personnelle de Cellou. L’argent qu’il distribue à ses hommes, dont certains sont des Bérets rouges, a été mal réparti, et l’un d’entre eux, mécontent, est venu exiger son dû les armes à la main. Tout ce qu’on a raconté dans les médias à ce sujet est faux. D’ailleurs, ce ne sont ni les agences de presse, ni les radios étrangères, ni les journaux, encore moins internet qui guident mes actions. Vous me connaissez suffisamment pour le savoir.
Tout de même. Quand la rumeur se répand, lors de votre récent voyage en Afrique du Sud, que vous vous y êtes rendu pour vous faire opérer en urgence, vous réagissez…
Oui, mais avec le sourire. Je sais que cela aurait fait plaisir à certaines personnes, celles qui vont voir les marabouts pour que je tombe malade. Si cela les amuse de dépenser leur argent pour rien… Je suis allé en Afrique du Sud à l’invitation du président Zuma ; de là je me suis envolé pour la Turquie, Dubaï, puis Abou Dhabi afin de vendre la destination Guinée aux investisseurs, le tout en une semaine. À peine revenu à Conakry, vous m’avez vu tenir une réunion publique. Je crois que le malade se porte plutôt bien, non ?
Quand auront lieu les élections législatives ? Apparemment, vous n’êtes pas pressé de les organiser. Or, selon les accords de Ouagadougou de janvier 2010, elles auraient dû se tenir au maximum six mois après la présidentielle, un délai déjà dépassé. Pourquoi ce retard ?
Elles auront lieu vers la fin du mois de novembre 2011. Mais je veux qu’elles soient le plus irréprochables possible. Il faut donc procéder à un nouveau recensement électoral afin que les paysans, dont beaucoup refusaient de s’inscrire sur les listes afin d’échapper à l’impôt de capitation, puissent le faire. Prenons notre temps, pour permettre à tous les Guinéens de voter et pour réduire au minimum tous les risques de fraude. Les cartes d’électeur et les cartes d’identité seront distribuées conjointement pour éviter les doubles inscriptions, le vote des mineurs et autres aberrations. Vous savez, les choses sont claires : je me suis battu pendant cinquante ans pour la démocratie dans ce pays et je n’ai aucune leçon à recevoir dans ce domaine de la part de ceux qui étaient de l’autre côté de la barrière. J’ai gagné la présidentielle face à des gens qui disposaient de soutiens financiers énormes. Aucun homme d’affaires ne m’a aidé. Je défie quiconque de prouver le contraire.
Vous êtes à la fois le chef de l’État et le ministre de la Défense, car vous avez voulu conduire vous-même la réforme de l’armée. Pendant un quart de siècle, les militaires guinéens ont pris de très mauvaises habitudes. Comment les en guérir ?
Je suis fier de l’armée guinéenne. Elle ne sort plus dans les rues, elle a accepté que toutes ses armes lourdes soient délocalisées à l’intérieur du pays, on ne la voit plus déambuler dans les bars en tenue ni tenir des barrages dans la capitale. Un programme de refonte est en cours qui prévoit notamment une réorientation du génie militaire vers les activités de développement.

Avec les principaux généraux, le 15 mai au palais présidentiel.
©Vincent Fournier/J.A.
Le problème de l’armée guinéenne aujourd’hui, ce n’est plus son comportement mais sa composition : il y a plus de gradés que d’hommes de troupe, et certains militaires sont d’active depuis – tenez-vous bien – 1952 ! Des mises à la retraite accompagnées s’imposent donc. Elles concernent pour l’instant 4 200 hommes et entrent dans le cadre général de l’assainissement de la fonction publique. Sachez qu’en à peine un mois d’enquête sur le terrain, 8 800 fonctionnaires touchant un double salaire et 1 000 fonctionnaires décédés dont les émoluments étaient toujours versés – et donc détournés – ont été détectés. Et sans doute n’est-ce là que la partie émergée de l’iceberg. Pour conclure sur l’armée guinéenne : le peuple n’en a plus peur. C’est un progrès décisif. Et elle se rend compte d’elle-même que la démocratie est la meilleure chose qui puisse lui arriver. Elle est à nouveau considérée, respectée, aimée.
Quelles sont vos relations avec votre prédécesseur, le général Sékouba Konaté ?
Je n’ai aucun contentieux avec le général. J’ai toujours dit et je répète qu’on lui doit les élections en Guinée. Certes, la gestion du pays lorsqu’il était président n’a pas toujours été au-dessus de tout soupçon. Mais Sékouba Konaté n’était pas Premier ministre et il ne cessait de dire : « Je ne suis pas un économiste, je signe tous les contrats que vous me présentez, mais vous vous expliquerez avec celui qui me succédera. » Il ne connaissait rien à ces histoires financières ou minières. Je ne le considère donc pas comme responsable de ces contrats léonins que nous remettons en cause aujourd’hui. Les vrais coupables, ceux qui ont guidé sa main, tentent de le dresser contre moi pour se protéger. Ils lui font croire que je le vise. À tort. Sékouba est sorti grandi de l’Histoire, je ne lui reproche rien et il le sait.
Vous avez rencontré le capitaine Dadis Camara à plusieurs reprises – la dernière fois le 7 avril, à Ouagadougou. Apparemment, il veut rentrer en Guinée et cette perspective vous gêne. Pourquoi ?
Beaucoup de gens parlent à la place de Dadis. Il n’a émis aucune exigence de ce type et je n’ai aucun problème avec lui. Il y a peu, certaines personnes ont voulu créer un mouvement pour le retour de Dadis Camara en Guinée. Savez-vous ce qu’il m’a dit ? « Il faut les faire arrêter, ils ne me représentent pas ! »
Dadis Camara est dans le collimateur de la Cour pénale internationale (CPI) pour sa responsabilité dans le massacre du 28 septembre 2009 à Conakry. Pour vous, c’est un vrai casse-tête…
Ce que je dis à qui veut l’entendre à ce sujet, c’est qu’il faut faire preuve de souplesse. La Guinée est fragile, elle sort de vingt-six ans de régime militaire, il faut être prudent, ne pas jeter des paroles en l’air.
Nous allons organiser, le moment venu, une conférence « vérité et réconciliation », je m’y suis engagé. Mais nous devons auparavant nous assurer que les Guinéens soient capables d’entendre et de pardonner.
Pour cela, des comités de sages et de religieux sont progressivement mis en place dans les préfectures afin de sensibiliser le peuple sur la nécessité de revisiter notre histoire et notre mémoire. Il n’y a pas eu que le 28 septembre, il y a eu Sékou Touré, le camp Boiro, les morts de la IIe République, etc. Tout cela incite à la circonspection, afin que l’exercice de réconciliation ne débouche pas sur son contraire : la haine et un surcroît de division.
La CPI entend-elle ce raisonnement ?
La CPI n’intervient que par défaut, quand la justice nationale ne joue pas son rôle. Ce qui, je l’espère, ne sera pas le cas.
Le franc guinéen ne repose plus sur grand-chose, et certains de vos pairs – Blaise Compaoré et Amadou Toumani Touré par exemple – vous recommandent d’intégrer la zone CFA. Comptez-vous suivre leur conseil ?
C’est un sujet délicat. Je ne me pose que les problèmes que je suis en mesure de résoudre. Pour l’instant, mon problème est de redresser l’économie et de rendre crédible notre monnaie.
Cependant vous n’écartez pas cette perspective…
Je vous dis que je m’attelle aux problèmes immédiats. Quand ils seront résolus, je réfléchirai au reste.
Le franc guinéen, c’est un peu un bijou de famille. Mais le bijou est passablement terni.
La monnaie concerne tout le peuple, c’est vrai, et toute décision la concernant doit être prise collectivement. Il faudra donc un débat national et c’est le peuple qui tranchera.
La polémique soulevée par la concession au groupe Bolloré du terminal à conteneurs du Port autonome de Conakry se poursuit. On vous reproche maintenant d’avoir accordé à Bolloré l’exclusivité sur l’ensemble des opérations portuaires, ce qui en fait de facto un monopole privé. Qu’avez-vous à répondre ?
Que tout cela est faux. Le directeur général du port a cru bon de signer avec le groupe Bolloré une convention d’assistance concernant la gestion du port autonome conventionnel et ce sans en informer le ministre des Transports. Quand nous nous en sommes aperçus, nous avons immédiatement annulé cette convention. Bolloré ne gère que l’activité conteneurs, le chemin de fer et un port sec, c’est tout. Pour le reste, il n’est même pas demandeur.
Vous vous êtes donné cinq ans pour sortir la Guinée de la grande pauvreté et assurer son autosuffisance alimentaire. N’est-ce pas ambitieux ?
Le meilleur plan de développement qui ait été conçu pour ce pays date de 1955. Il est l’œuvre du gouverneur français de l’époque, Roland Pré, qui, au sortir de la guerre d’Indochine, s’était juré de faire de la Guinée le grenier à riz de l’Union en remplacement du Tonkin. C’était donc possible. Par la suite, la paysannerie a été totalement abandonnée alors que la Guinée, comme l’avait bien perçu Roland Pré, est non seulement un scandale géologique mais aussi agricole.
J’ai conclu un pacte avec les paysans : l’État va les aider et ils vont produire jusqu’à l’autosuffisance et au-delà, afin que nous devenions exportateurs. Les sociétés étrangères sont les bienvenues si elles encadrent et soutiennent nos paysans, mais nous ne vendrons pas nos terres comme à Madagascar. Il faut que ce soit clair.
Comment relever un pays sans État ?
C’est tout le défi. Mais l’État guinéen renaît, on le voit chaque jour. Regardez l’aéroport Gbessia de Conakry. C’était un haut lieu de trafics et de rackets en tout genre. Aujourd’hui, l’ordre y règne. Autre plaie : le trafic de drogue, qui était organisé au plus haut niveau avec des hélicoptères venant de Guinée-Bissau. Désormais, avec l’aide technique des Américains et des Français, j’ai rattaché directement à la présidence la brigade antidrogue. Ils arrêtent jour et nuit des trafiquants et ne rendent compte qu’à moi. Sur un autre plan, nous sommes en train de payer tous nos arriérés auprès des organisations internationales et nous réglons les frais des ambassades, dont certains sont impayés depuis près d’un an. Je ne veux plus d’ambassadeurs guinéens clochards, à qui l’on coupe l’eau et l’électricité. C’est une question de dignité.
Vous êtes sur tous les fronts, vous voulez tout faire vous-même. Ne risquez-vous pas de vous épuiser rapidement ?
Je n’ai pas, pour l’instant, d’autre choix. J’ai un Premier ministre et un gouvernement qui travaillent, mais les mauvaises habitudes prises sont telles que je dois tout surveiller et tout vérifier. Je ne tolère aucune velléité de corruption, j’ai donc l’œil sur tout. C’est vrai que cela me fatigue, mais qui d’autre que moi peut mener cette bataille des mentalités ? Je ne gère pas des Guinéens venus de la planète Mars, je gère les Guinéens tels qu’ils sont.
« Je suis pour des solutions africaines excluant le recours à la force », aviez-vous dit à propos des crises ivoirienne et libyenne. Manifestement, vous n’avez pas été entendu…
Sur la Libye, ma position est celle de l’Union africaine : un cessez-le-feu suivi d’un débat national. Sur la Côte d’Ivoire, j’aurais préféré que la solution permettant au président élu Alassane Ouattara d’exercer son pouvoir soit purement africaine. Dans l’un et l’autre cas, notre incapacité à résoudre nous-mêmes nos problèmes est préoccupante.
Voir Laurent Gbagbo arrêté et filmé en maillot de corps, cela vous a choqué ?
Je préfère ne pas commenter cela.
« La Guinée est de retour », aimez-vous à dire. Mais la Côte d’Ivoire aussi. Comment exister à côté d’un tel voisin ?
Je ne me compare à personne. Je sais simplement qu’à la fin des années 1950 la Guinée était, de toutes les colonies françaises, celle qui paraissait promise au plus bel avenir. Nous n’avons pas su faire fructifier ce capital. Mais le capital est toujours là.
Vous n’êtes pas, chacun le sait, un homme d’argent. Mais que faites-vous pour éviter que votre entourage familial s’enrichisse indûment ?
Je connais ce risque et je sais que la famille est le talon d’Achille de beaucoup de chefs d’État. Aussi ai-je décidé, tous les Guinéens l’ont remarqué, que mon épouse vive dans un autre domicile que le mien. Elle est de Kankan, fief de nombreux gros commerçants malinkés, qui, tout naturellement, viennent lui rendre visite. Je ne veux pas que l’on dise que j’ai remplacé les commerçants peuls par des commerçants malinkés que je recevrais en catimini. Comme cela, les choses sont claires. Chez moi, je ne reçois que sur rendez-vous et vous n’y verrez pas d’hommes d’affaires.

Avec sa femme, Mme Condé Djènè Kaba, le 15 novembre, à Conakry.
©Youri Lenquette
Est-ce suffisant pour éviter les tentations, les influences ?
Vous voulez que je sois plus clair encore ? J’ai interdit à mon épouse de faire de la politique et des affaires. Le jour où elle m’apportera un dossier de faveur, je divorcerai sur-le-champ. Elle le sait et je l’ai dit assez fort pour que chacun le sache.
Il n’empêche : votre fils Mohamed serait, selon la rumeur, impliqué dans certains dossiers économiques…
C’est faux. Mon fils n’est pas un homme d’affaires ni un entrepreneur en quoi que ce soit. Il a fait des études aux États-Unis, il a travaillé au Brésil puis à Londres et il est revenu m’aider ici après le décès de mon frère. Je parle mal l’anglais, lui est anglophone, aussi lui ai-je demandé de me servir de traducteur et de suivre pour moi les dossiers de coopération avec l’Afrique du Sud de mon ami Jacob Zuma. Pour le reste, je n’ai aucun homme d’affaires dans ma famille et je ne donne de mandat à personne pour me représenter. Le temps des ambassadeurs itinérants exhibant des mandats de la présidence guinéenne pour se remplir les poches ou des trafiquants colombiens munis de passeports diplomatiques est définitivement révolu. Je reçois moi-même les investisseurs et tous savent que je suis incorruptible.
Dans cinq ans, à quoi ressemblera la Guinée ?
À ce qu’elle aurait dû être si nous avions réussi notre indépendance. Une Guinée avec des chemins de fer, des routes, des barrages, des logements sociaux. Une Guinée avec un nouveau Guinéen pour qui la valeur porteuse ne sera plus la magouille mais le travail. Une Guinée fière, débarrassée des mensonges, des jalousies et de l’autodépréciation. Avec l’aide de Dieu, le renouvellement des générations et le retour progressif de la diaspora, nous y parviendrons.
Vous ne rêvez pas un peu ?
Ce sont les rêveurs qui font avancer le monde.
Dernier livre lu ?
J’en ai lu un avant-hier dans l’avion de retour d’Abou Dhabi. Mais je ne vous dirai pas lequel.
Pourquoi ?
Laissez-moi une part de secret.
Même off the record ?
On se connaît depuis suffisamment longtemps. Vous savez bien que je ne crois pas au off avec les journalistes.
__
Propos recueillis à Conakry par François Soudan.

Monday, May 9, 2011

LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA

LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA

Faites ample connaissance avec ce que l’on peut, à juste titre, qualifier de l’un des pans les plus importants de l’histoire, combien riche, de l’actuelle République du Mali et présenté aussi comme la première « Constitution » connue en Afrique voire au monde :
LA CHARTE DE KOUROUKAN FOUGA
Les Représentants du Mandé primitif et leurs alliés réunis en 1236 à Kouroukan Fouga (Actuel cercle de Kangaba) après l’historique bataille de Kirina ont adopté la charte suivante pour régir la vie du grand ensemble Mandingue.
Le Roi Naré Maghan Soundiata était entouré pour la circonstance à la tribune par 4 Chefs de Tribus dont :
1 Siby Kamandjan Camara : le Roi des Camara non forgerons.
2 Fran Camara dit Tabon N’Yana Fran Camara chef des Rois Forgerons
3 Fokoly Koroma
4 Faouly Tounkara, Petit frère de Nema Moussa Tounkara.
I. DE L’ORGANISATION SOCIALE
Article 1er : La Société du grand Mandé est divisée en seize (16) porteurs de carquois, cinq (5) classes de marabouts, quatre (4) classes de Nyamakalas (1) une classe de serfs (esclaves) (Mofé molu)
Chacun de ces groupes a une activité et un rôle spécifiques
Article 2 : Les Nyamakalas se doivent de dire la vérité aux chefs, d’être leurs conseillers et de défendre par le verbe les règles établies et l’ordre sur l’ensemble du royaume.
Article 3 : Les Morikandas lolu (les cinq classes de marabouts) sont nos maîtres et nos éducateurs en islam. Tout le monde leur doit respect et considération.
Article 4 : La société est divisée en classe d’âge. A la tête de chacune d’elles est élu un chef. Font de la classe d’âge les personnes (Hommes ou Femmes) nées au cours d’une période de trois années consécutives.
Les Kangbès (Classe internationale entre les jeunes et les vieux) doivent être conviés pour participer à la prise des grandes décisions concernant la société.
Article 5 : Chacun a le droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique. En conséquence, tout tentation d’enlever la vie à son prochain est punie de la peine de mort.
Article 6 : Pour gagner la bataille de la prospérité, il est institué le Kongbèn Wölö (un mode de surveillance) pour lutter contre la paresse et l’oisiveté.
Article 7 : Il est institué entre les Mandenkas, le Sanankuya (cousinage à plaisanterie) et le tanamanyoya (forme de totémisme. En conséquence, aucun différent né entre ces groupes ne doit dégénérer, le respect de l’autre étant la règle.
Entre Beaux-frères et Belle-sœur, entre grands parents et petits, tolérance et le Chahut doivent être le principe.
Article 8 : La Famille est désigné famille régnante sur l’empire
Article 9 : L’éducation des enfants incombe à l’ensemble de la société.
La puissance paternelle appartient en conséquence à tous.
Article 10 : Adressons-nous mutuellement les condoléance.
Article 11 : Quand votre femme ou votre enfant fuit, ne le poursuivez par chez le voisin.
Article 12 : La succession étant patrilinéaire, ne donnez jamais le pouvoir à un fils qu’un seul de ses pères vit. Ne donnez jamais le pouvoir à un miner parce qu’il possède des liens.
Article 13 : N’offensez jamais les Nyaras.
Article 14 : N’offensez jamais les femmes, nos mères
Article 15 : N’offensez jamais la main sur une femme mariée avant d’avoir fait intervenir sans succès son mari.
Article 16 : Les femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes doivent être associées à tous nos gouvernements.
Article 17 : Les Mensonges qui ont vécu 40 ans doivent être considérés comme des vérités.
Article 18 : Respectons le droit d’aînesse.
Article 19 : Tout homme a deux beaux-parents : les Parents de la Fille que l’on n’a pas eu et la parole q’on a prononcée sans contrainte aucune.
On leur doit respect et considération.
Article 20 : Ne maltraitez pas les esclaves, accordez leur un jour d e repos par semaine et faites en sorte qu’ils cessent le travail à des heures raisonnables. On est maître de l’esclave et non du sac qu’il porte.
Article 21 : Ne poursuivez pas de vos assiduités les épouses du chef, du voisin, du marabout, du féticheur l’ami et de l’associé.
Article 22 : La vanité est le signe de la faiblesse et l’humilité le signe de la grandeur.
Article 23 : Ne vous trahissez jamais entre vous. Respectez la parole d’honneur.
Article 24 : Ne faites jamais du tort aux étrangers.
Article 25 : Le Chargé de mission ne risque rien au Mandé.
Article 26 : Le taureau confié ne doit pas diriger le parc
Article 27 : La jeune fille peut être donnée en mariage dès qu’elle est pubère sans détermination d’âge. Le choix de ses parents doit être suivi quelque soit le nombre des candidats.
Article 28 : Le jeune homme peut se marier à partir de 20 ans.
Article 29 : La dote est fixée à 3 bovins : un pour la fille, deux pour son père et sa mère.
Article 30 : Venons en aide à ceux qui en ont besoin.
II. DES BIENS
Article 31 : Il y a cinq façons d’acquérir la propriété : l’achat, la donation, l’échange, le travail et la succession. Tout autre forme sans témoignage probant est équivoque.
Article 32 : Tout objet trouvé sans propriété connu ne devient propriété commune qu’au bout de 4 ans
Article 33 : La quatrième mise bas d’une génisse confiée est la propriété du gardien.
Article 34 : Un bovin doit être échangé contre quatre moutons ou quatre chèvres.
Article 35 : Un œuf sur quatre est la propriété du gardien de la poule pondeuse.
Article 36 : Assouvir sa faim n’est pas de vol si on n’emporte rien dans son sac ou sa poche.
III. DE LA PRESERVATION DE LA NATURE
Article 37 : Fakombé est désigné Chef des chasseurs. Il est chargé de préserver la brousse et ses habitants pour le bonheur de tous.
Article 38 : Avant de mettre le feu à la brousse ne regardez pas à terre, levez la tête en direction de la cime des arbres.
Article 39 : Les Animaux domestiques doivent être attachés au moment des cultures libérées après les récoltes. Le chien, le chat, le canard et la volaille ne sont pas soumis à cette mesure.
IV. DISPOSITIONS FINALES
Article 40 : Respectez la parenté, le mariage et le voisinage.
Article 41 : Tuez votre ennemi, ne l’humiliez pas.
Article 42 : Dans les grandes assemblées, contentez vous de vos légitimes représentants et tolérez –vous les uns les autres.
Article 43 : Balla Fassèkè Kouyaté est désigné grand Chef des cérémonies et médiateur principal du Mandé. Il est autorisé à plaisanterie avec toutes les tribus en priorité avec la famille royale.
Article 44 : Tous ceux qui enfreindront à ces règles l’application stricte de ces articles.
CONSEIL DE SOGOLON À SON FILS SOUNDIATA KEÏTA A
LA VEILLE DE LEUR DEPART POUR L’EXIL
Comme les princes de Dô, tu dois porter sur la tête quatre (4) tresses symboliques.
La première signifie : aime ta femme, mais jamais ne lui confie les secrets d’Etat.

Méfies-toi des Femme, Fils, parce que dernière l’ascension de chaque grand homme, il y a l’amour aveugle d’une femme et dernière la chute de chaque grand homme il y a la haine terrible d’une femme.
La deuxième signifie : Un Roi, n’a pas d’amis, la seule raison guidant un roi est la raison l’Etat.

La troisième signifie : Le Fils d’un autre n’est jamais ton fils, la terre d’un autre n’est jamais ta terre.

Le quatrième signifie : Un Royaume ne peut pas marcher sans la coopération des vieux. Les jeunes donnent au Royaume le pouvoir de leurs muscles, les vieux, le fruit de lave expérience. Ils se complètent les uns et les autres.

Sunday, April 24, 2011

www.tounkara.blogspot.com

Dans un communiqué officiel rendu public par le géant minier Rio Tinto a signé ce vendredi 22 avril 2011 à Conakry un nouveau contrat d'une valeur de 700 millions de dollars avec le gouvernement guinéen. Voici le communiqué in extenso:

Rio Tinto, sa filiale Simfer S.A (Simfer) et le gouvernement guinéen ont signé ce jour 22 avril 2011 à Conakry, en Republique de Guinée, un Accord Transactionnel garantissant le titre minier de Rio Tinto en Guinée et ouvrant la voie pour une première expédition de minerai de fer d’ici à la mi-2015. Simfer fera toutefois tous les efforts raisonnables pour parvenir à une première production d’ici la fin 2014. Cet accord concerne la concession sud de Simandou, à savoir les blocs 3 et 4, correspondant au gisement identifié de Simandou déclaré par Rio Tinto en Guinée.

En contrepartie de la résolution de toutes les questions en suspens et de la finalisation de nouveaux termes de l'accord d'investissement, Simfer SA, filiale de Rio Tinto, versera 700 millions de dollars au Trésor public guinéen à la promulgation de décrets présidentiels accordant la concession minière ainsi que l'approbation de la proposition de joint-venture Simandou entre Chinalco et Rio Tinto.

Les parties ont convenu que les termes de l’Accord Transactionnel ne seront pas affectés par d’éventuelles modifications proposées par le gouvernement guinéen suite à la révision actuelle du code minier ou de toute révision à venir.

Sam Walsh, Directeur général des activités d’extraction de minerai de fer de Rio Tinto a déclaré : « L’accord signé aujourd’hui nous donne la certitude dont nous avons besoin pour investir et aller rapidement de l’avant afin de pouvoir lancer la production de cette merveilleuse ressource et d’offrir ses bénéfices au peuple guinéen ainsi qu’aux parties prenantes de Simfer. Il s’agit là d’un projet majeur et d’un engagement significatif. Nous prévoyons pour la mise en service de la mine et des infrastructures associées, un investissement total de plus de 10 milliards de dollars. »

« Je tiens à adresser mes remerciements personnels au gouvernement guinéen pour son engagement constructif à nos côtés qui a permis de parvenir à cet accord. Nous sommes impatients de travailler avec eux sur ce projet et nous saluons leur volonté de créer une entreprise minière d'État qui capitalise sur la valeur des ressources de la Guinée pour l'ensemble du pays. »

« Nous saluons en outre l'engagement du gouvernement guinéen à mettre en œuvre et à faire respecter les principes et les critères relatifs à l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Activement soutenu par Rio Tinto depuis sa création en 2002, l'ITIE vise à renforcer la gouvernance en améliorant la transparence et la responsabilisation dans le secteur extractif. »

« Je souhaiterais aussi souligner l’excellent soutien de Chinalco pendant la négociation de l’accord final et nous espérons développer un partenariat avec Chalco aussi bien pour la mine que pour les infrastructures. »

Principaux termes de l’Accord Transactionnel

Participation du gouvernement

Le Gouvernement guinéen est en droit de détenir une participation dans le projet à hauteur de 35 pour cent, dont 15 pour cent à titre gratuit, comme suit :

• A l’octroi des Décrets présidentiels : 7,5 pour cent de participation à titre gratuit et 10 pour cent de participation sur la base des coûts historiques des Activités Minières
• Cinq années à compter de la promulgation des Décrets présidentiels : 7,5 pour cent supplémentaires de participation à titre gratuit
• 15 ans à compter de la promulgation des Décrets présidentiels : 5 pour cent de participation avec contribution à part entière à leur valeur marché
• 20 ans à compter de la promulgation des Décrets présidentiels : 5 pour cent de participation avec contribution à part entière à leur valeur marché.

Le Gouvernement guinéen prévoit de créer une entreprise minière d'État pour détenir sa participation.

Fiscalité et redevance

Les parties ont convenu d’un régime fiscal stabilisé qui s'appliquera pendant toute la durée de vie de la mine. Un congé fiscal de huit ans est prévu à compter des premiers bénéfices imposables, suivi d'un taux général d'imposition de 30 pour cent. Les redevances seront payables à 3,5 pour cent FOB pour l’ensemble du minerai exporté. Simfer sera également exonérée de retenue d’impôt sur les dividendes. Toutes les marchandises importées utilisées pour la construction et la maintenance seront exonérées de TVA et de droits de douane.

Infrastructure

Une nouvelle ligne ferroviaire à travers la Guinée ainsi qu’un nouveau port seront construits pour le transport du minerai de la mine au navire. L'infrastructure sera détenue conjointement par le Gouvernement guinéen et les autres actionnaires dans Simfer, le gouvernement étant ainsi en mesure de détenir une participation maximale de 51 pour cent. Il sera exigé de la part des participants dans la joint-venture d’infrastructures de financer intégralement leur part du coût en capital de l'infrastructure.

La nouvelle joint-venture d’infrastructures désignera Simfer comme opérateur pour la ligne de chemin de fer et le port. La ligne ferroviaire sera disponible pour les trains de passagers et de marchandises. Simfer en sa qualité d’opérateur de la joint-venture pourra en outre assurer le transport du minerai d’autres producteurs conformément à un accord commercial. Simfer aura le statut de client fondateur, et pourra alors conserver la priorité d'utilisation de l'infrastructure.

L'infrastructure deviendra la propriété du gouvernement une fois entièrement amortie, après 25 ans mais avant 30 ans. Simfer conservera cependant son statut de client fondateur. Lors du transfert de l'infrastructure du projet au gouvernement, l’Etat mettra la gestion de l'infrastructure en appel d’offre international. Simfer sera l'une des parties invitées à soumissionner. Les droits pour l’accès par Simfer aux infrastructures tiendront compte de son statut de client fondateur.

Notes aux éditeurs

Les droits actuels dans le projet Simandou sont détenus par Simfer, filiale du groupe Rio Tinto dont les actionnaires sont Rio Tinto (95 pour cent ) et la Société financière internationale (SFI) du groupe Banque mondiale (5 pour cent).

Une fois l'accord de coentreprise avec Chalco finalisé, les 95 pour cent détenus par Rio Tinto dans Simfer seront détenus par la nouvelle joint-venture. Chalco fera l'acquisition progressive de 47 dans la nouvelle joint-venture en contribuant seul à hauteur de 1,35 milliard de dollars au programme de développement du projet au cours des deux à trois prochaines années.

Dès que Chalco aura versé la somme de 1,35 milliard de dollars, les participations effectives de Rio Tinto et de Chalco dans Simfer s’élèveront à 50,35 pour cent et 44,65 pour cent. Les cinq autres pour cent seront détenus par la Société Financière Internationale (SFI) du groupe Banque mondiale.

A propos de Rio Tinto

Rio Tinto est un important groupe minier international dont le siège social est au Royaume-Uni et regroupant Tinto plc, société inscrite à la Bourse de Londres et Rio Tinto Limited, société inscrite à la Bourse d'Australie.

Rio Tinto est une société de prospection, d'exploitation et de transformation des ressources minérales. Parmi les autres produits majeurs du Groupe, on cite l'aluminium, le cuivre, des diamants, de l'énergie (charbon et uranium), de l'or et des minéraux industriels (borates, dioxyde de titane, sel, talc) ainsi que du minerai de fer. Bien que ses activités soient d'envergure mondiale, Rio Tinto est solidement implanté en Australie et en Amérique du Nord et possède d'importantes entreprises en Amérique du Sud, en Asie, en Europe et en Afrique du Sud.

Thursday, March 31, 2011

Gros plan sur les traces de la Sotelgui….

MERCREDI, 30 MARS 2011 17:41
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La  guinéenne des télécommunications est l’une des plus vieille société de la téléphonie mobile en Afrique Sub saharienne, la première de la sous région.
Mais de la signature de la  convention de joint venture entre la Sotelgui et Télékom Malaisya en décembre 1995 à nos jours, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mais où se trouve la vérité du terrain ?
Votre quotidien en ligne  vous propose l’historique de la société, l’état des lieux au 30 mars 2010 et  les réalisations de l’actuel équipe dirigeante du mois d'avril 2010 à nos jours, la vision et la mission de cette société étatique.
 HISTORIQUE
En Décembre 1995, la convention de joint venture a été signée entre la Sotelgui et Télékom Malaisya engendrant ainsi un partenariat entre les deux Sociétés dont Télékom Malaisya était l’actionnaire principal détenant  60% du capital.
Ainsi, en mars 1996, la convention devenait effective et beaucoup d’espoirs ont été placé à ce partenariat. Fort malheureusement, ces espoirs n’ont pas été à la hauteur des attentes ; dès la quatrième année de  coopération Télékom Malaisia a cessé d’investir dans le réseau malgré des multiples mises en garde du côté Guinéen. C’est ainsi qu’au moment de son départ le 18 décembre 2005, la Sotelgui qui n’avait qu’un parc de 150 000 d’abonnés GSM tombait dans le portefeuille de l’Etat donc fonctionnant désormais sur  fonds propres sans aucunes subventions extérieures.
Aussi, l’environnement socio-politique du Pays de 2008 à 2010 a beaucoup joué en défaveur de la Société. Pendant cette période, la Sotelgui a connu trois (3) Directeurs Généraux donc trois (3) équipes dirigeantes, ce qui ne milite pas pour une stabilité de l’Entreprise.
C’est tous ces facteurs ci-dessus énumérés qui ont entrainé la Sotelgui dans une situation très défavorable à son fonctionnement qui se résume comme suit :
Ø    Accumulation des dettes d’investissements sur crédits fournisseurs,
Ø    Rupture en janvier 2009 des relations avec tous les partenaires et fournisseurs d’équipements par le non respect des engagements contractuels.
Ø    Manque total de pièces de rechange
Ø    Baisse notable des Indicateurs de qualité de service
ETAT DES LIEUX AU 30 MARS 2010
Conséquemment à la prise de fonction le 30 mars 2010, il faut souligner que la Sotelgui était dans état très critique et inquiétant, consécutif à la baisse considérable de ses performances affectant tous les secteurs d’activité.
Globalement, tous les Indicateurs (techniques, commerciaux, financiers etc…) étaient au rouge mettant les autorités dans l’obligation absolue d’intervenir en procédant à une profonde restructuration pour composer une nouvelle Equipe de cadres compétents, dynamiques et expérimentés et très motivés pour la relève du grand défi consistant à sortir la Sotelgui très rapidement  de la situation de léthargie dans laquelle elle se trouvait.
Cela a eu pour conséquence la mobilisation de tous les Cadres au tour d’un Atelier tenu, à conakry du 6 au 12 avril 2010 portant sur l’état des lieux qui a été focalisé sur tous les domaines d’activités comme suit :
  • Problèmes liés aux recettes : des rejets d’appels, les hautes consommations, prolifération de telecentres clandestins, contestation de factures par les clients, des dégrèvements non autorisés dans le système de facturation. Les causes liées à ces problèmes sont : le non respect des procédures, la démotivation du personnel, l’impunité et le laisser aller, l’inconscience professionnelle, des conflits de compétences, absence de culture d’entreprise, insuffisance d’outils, exécution illégale d’opérations commerciales, exacerbation de la culture de la fraude, mauvaise gestion du parc de l’Administration, etc….
  • Mauvaise qualité du service commercial et une politique tarifaire non adaptée aux différents segments du marché ayant pour causes :produits et services mal vendus, absence de force de vente, manque de communication commerciale et d’entreprise, défaut d’orientation client, rupture récurrente et prolongée du stock de marchandise, disfonctionnement du 1313 (centre d’appels), absence de base de données fiables sur les clients, pas de suivi du cycle de vie des produits, manque de flexibilité des prix en fonction des événements, recharge virtuelle non commercialisée, tarifs élevés etc… Un parc total qui est passé de plus de 850.000 à moins de 400.000 abonnés entre sept 2009 et mars 2010
  • Problèmes de facturation : absence de pièces de rechange sur le marché (bande magnétique, disque dur etc…), due à l’obsolescence du système de facturation, la vétusté des équipements informatiques, absence de contrat de maintenance ; impossibilité d’extension du réseau local jusqu’à l’intérieur ; impossibilité de facturer les abonnés sur la base du volume et des impulsions, factures erronées, etc…
  • Problèmes d’internet : bande passante insuffisante (coût élevé, demande supérieure à la capacité disponible, rareté de la bande satellitaire ), absence de service haut débit, difficultés de paiement de redevances sur la bande passante, faible degré de vulgarisation du produit internet, manque de service après vente,
  • Difficultés de trésorerie : mauvaise qualité des services, remises clandestines de numéros, résiliation de numéros dont les comptes ne sont pas soldés, mauvaises créations dans le système de facturation,
  • Ressources Humaines : inadéquation de la Structure, inobservation de procédures dans le recrutement, effectifs importants, difficultés dans l’application des évaluations, incohérences dans les avancements au mérite, consommations téléphoniques, déficit de formation accru surtout par rapport aux projets, pertes des avantages liés à la fonction,
  • Problèmes des équipements : manque d’outillages, insuffisance des systèmes de protection par rapport à l’énergie, des pannes récurrentes sur la supervision centrale, insuffisance de la maintenance préventive, retard dans la maintenance curative, pannes fréquentes des groupes électrogènes, manque d’autonomie des batteries, dégradation des accès des sites, manque de protection sur les lignes d’abonnés du central NEAX, des centraux hors service (labé, pita), défectuosité des disques, des chambres vandalisés dans le réseau local, la vétusté des installations, le manque de matériels, des groupes électrogènes surdimensionnés, des groupes électrogènes qui manquent d’entretien et de révision, des retards dans l’approvisionnement du carburant, manque de pièces de rechange,
  • Problèmes du réseau GSM : mauvaise gestion des projets, rupture d’assistance technique apportée par les grands Equipementiers (Alcatel et Huawei), plateforme prépayée très limitée car ne pouvant faire des services à valeur ajoutée
  • Réseau International : déséquilibre de la balance avec les Opérateurs GSM, sous exploitation de la station terrienne de Wonkifong, suspension de relations avec Sotelgui effectuée par certains grands Correspondants étrangers, absence de logiciels de lutte contre la fraude, dettes élevées dues à Intelsat,
  • Un parc roulant vieillissant et insuffisant
Cet état des lieux a permis de mettre en place un Plan d’action ayant pour but de réussir la relance effective de la Sotelgui. Ainsi, une réflexion stratégique a conduit à la mise en place d’une nouvelle orientation afin de permettre une nouvelle Vision et Mission comme suit :
VISION
« Etre et demeurer le leader dans le secteur des télécommunications en Guinée »
MISSION
« Faire de la Sotelgui l’entreprise la plus compétitive capable de fournir des services de télécommunications accessibles à tous »
ACTIONS REALISEES DEPUIS LE 1ER AVRIL 2010
1. COMMERCIAL
  • Mise en place d’un Plan d’urgence commercial pour reconquérir la confiance des clients
  • Augmentation du parc d’abonnés à 800.000 à ce jour,
  • La possibilité offerte par la Sotelgui aux clients de connaître les résultats des jeux au niveau de PASGUI à travers le 8002 etc… ainsi que la possibilité aux abonnés de connaître les cycles de facturation, le solde à travers un SMS et le 8080 pour faire des réclamations clients,
  • Le regroupement des activités de ventes, de recouvrement au sein d’une seule Direction Commerciale ayant permis de facilité la gestion clientèle etc…
  • La réduction des frais d’abonnement au GSM prépayé passant de 10.000 FG à 5.000 FG et de 218.000 FG à 109.000 FG pour le poste payé ainsi que pour le câble de 218.000 FG à 29.000 FG,
  • La mise en place d’une Direction chargée de la gestion des créances et dettes ayant permis de recouvrer des montants restés en suspens depuis des années et dont les numéros ont même fait l’objet de résiliation,
  • La création de trois nouvelles Directions Régionales à Kissidougou, Beyla et Gaoual ayant permis d’améliorer le fonctionnement à l’intérieur en rendant les services davantage plus proches de la clientèle,
  • L’assainissement des différents parcs d’abonnés : Loura et Loura+, câble etc…
  • La publication sur le site web de la Sotelgui, des résultats des examens nationaux (Baccalauréat et Brevet).
2. RESSOURCES HUMAINES
  • Le paiement des primes de fêtes et autres gratifications à l’ensemble du personnel y compris les contractuels et stagiaires,
  • L’introduction d’un système permettant au personnel de se ravitailler en denrées alimentaires,
  • Achat d’outillages pour les agents du réseau, du GSM etc… ayant amélioré considérablement leurs motivations,
  • Introduction de primes de productivités par rapport à des missions ponctuelles importantes réalisées, ayant favorisé l’émulation entre les travailleurs,
  • Augmentation de 50% du salaire des travailleurs,
  • Implication des agents à tous les niveaux de prise de décisions à travers leur participation aux différents Ateliers visant à améliorer la qualité de service,
  • Renforcement des actions de sensibilisation du personnel sur les comportements et attitudes à adopter afin de garantir leur adhésion totale  à la réalisation de la stratégie globale,
  • La transmission de Lettres de félicitation et d’encouragements au personnel pour la première fois à la Sotelgui, aux agents pour des actions importantes faites dans le cadre de l’amélioration du fonctionnement,
  • La mise en place d’un système de gestion des stages ayant facilité le bon déroulement des opérations en matière de stages,
3. LOGISTIQUE ET ENERGIE
  • Achat de 16 motos, 13 Renault Kangoo et 3 Honda CRV  dans le cadre des stratégies visant à améliorer la réalisation des objectifs assignés,
  • Achat de 20 Groupes Electrogènes et 980 batteries tampons.
4. TECHNIQUE
  • Redéploiement et mise en service du central EWSD d’almamya à ratoma ayant permis de relancer le service fixe câble dans la zone de ratoma,
  • Réalisation de 21 Sites GSM dans les Localités urbaines et rurales,
  • Transfert des liaisons internationales de Sotelgui sur le HC3 d’almamya (France telecom, Italia Telecom, MCI, Sonatel, Côte d’Ivoire Telecom. Cette opération a permis de mettre fin au fait que l’ensemble du trafic international de la Sotelgui était géré depuis 2006 par Global Voice Group (GVG). Ceci a permis d’enregistrer en si peu de temps, un accroissement du volume du trafic international qui est passé de 900.000 à plus de 2 millions de minutes par mois,
  • Achat de vingt (21) BTS pour la construction de nouveaux sites GSM à Conakry et dans les Régions,
  • Achat de soixante (60) antennes GSM pour l’amélioration des sites existants et la construction de nouveaux sites,
  • Recrutement de 3 Experts étrangers pour la qualification du réseau GSM et la remise en état du central MSC,
  • Achat de Feeders et de pièces de rechange pour la maintenance du réseau,
  • Achat de 3 centraux téléphoniques destinés aux Préfectures de Labé, Pita et Dalaba,
    • Mise en service de la Plateforme IN pour un prépaiement des services Loura et Loura + (Téléphonie et Internet),
    • Redéploiement des VSAT à Kamsar et Sangarédi pour la téléphonie et l’installation de deux nouvelles VSAT pour l’Internet,
    • Remise en service de l’Internet à Labé, Kankan et N’zérékoré,
    • Développement par les agents spécialisés de la Sotelgui, de la technique de pose et raccordement de la fibre optique sur les tronçons : Almamya – Boussoura, Université Gamal – Camayenne et Boussoura – Koloma – Sonfonia,
    • Installation et mise en service de 30 publiphones et relance de Télécentres pour l’expansion de la téléphonie publique,
    • L’augmentation de la bande passante Internet avec la Société CONNECTEO
    • Etc…..
ACTIONS EN COURS DE REALISATION
  • Réalisation en cours des Sites GSM, suivants : Sagalé, Norassoba, Katia, Bowal, Koin, Bourouwal, Dongol Touma, Dalein, Foyé, N’zérékoré 2, Kamsar, Sangarédi,
  • installation et mise en service des terminaux optiques sur les Sites d’Almamya, Boussoura, Koloma, Sonfonia et Orange ( Camayenne),
  • Réalisation de 25 Sites à énergie hybride de certains Sites de Conakry et des Régions pour une optimisation des coûts d’exploitation,
  • La création d’une clef USB Internet qui est en phase d’expérimentation et dont la commercialisation devra se faire très prochainement,
  • Participation au Projet de câble sous marin ACE dont le contrat avait été signé le 5 juin 2010, à Paris,
  • Participation au Projet RASCOM (Organisation Africaine de Communication par Satellite) dont la présidence du Conseil d’Administration est assurée par un cadre de la Sotelgui ;
PLAN D’AFFAIRE 2011 -2013 ET PROJETS
  • Un Plan de développement et de modernisation des réseaux (Transmission, Commutation, Réseaux locaux, Réseau International, GSM, Internet, Fibre Optique, NGN (Nouvelles Générations des Réseaux : wimax, wifi), a été élaboré courant janvier 2011 et validé par le Conseil d’Administration en sa Session du 14 février 2011. Ce Plan d’Affaire dans son résumé, prévoit :
  • La multiplication du parc d’abonnés par 3, soit 185% d’augmentation ainsi que le chiffre d’affaire par 5,
  • L’augmentation de la capacité du central GSM de 150%,
  • Redynamisation des services fixes TDMA (Loura) et CDMA (Loura+) à travers l’introduction du système de prépaiement,
  • Application d’une Politique tarifaire davantage attrayante à travers des offres, des promotions, des bonus etc…
  • Augmentation du nombre des circuits internationaux à travers des liaisons directes afin d’accroître considérablement le trafic international surtout entrant de près de 50%,
  • Redynamisation des services Internet avec toutes les options : dial up (connexion par ligne téléphonique), le Loura (TDMA), Loura + (CDMA), wimax, GPRS (internet sur le téléphones portables),
  • L’intensification du parc publiphones à travers tout le pays en vue de l’augmenter à plus de 150 aussi bien fixes que GSM,
  • Construction de 80 Sites GSM,
  • Intensification de la lute contre la fraude téléphonique à travers la protection de nos installations,
  • Introduction de nouveaux services à valeur ajoutée à travers les nouvelles plateformes prépayées (GSM, CDMA, TDMA) pour contenir la concurrence et améliorer nos revenus de façon considérable,
  • La reprise des relations avec les Equipementiers (Huawei, Omniacom etc… ) grâce aux efforts colossaux déployés par la Direction en rétablissant la confiance entre eux et Sotelgui à travers le respect d’échéanciers de paiement conclus etc…Ceci a permis à la Sotelgui de bénéficier à nouveau d’assistance technique de la part de ces Equipementiers,
  • Signature du contrat de remise en service courant premier semestre 2011 des artères de transmission SDH pour les axes : Faranah-N’zérékoré, Faranah-Kankan, Siguiri-Kourémalé, Conakry-Boké pour la fiabiliser les services offerts aux abonnés des Régions,
  • Signature du contrat d’extension de la plateforme IN prépayée de 600.000 à 800.000 abonnés avec 50.000 clients bénéficiant d’un abonnement d’Entreprise et de 50.000 autres de Roaming prépayé international. Réalisation courant premier semestre 2011.
  • Signature du contrat de partenariat avec la Société TELL pour le financement de certains projets de la Sotelgui ainsi que l’accroissement des facilités en terme du trafic international avec une possibilité d’avoir des relations de Roaming avec 500 Opérateurs à travers le monde.
 DIFFICULTES
  • Vandalisme des infrastructures et fraude téléphonique généralisée,
  • Une situation macro-économique globale très difficile avec une reprise des tensions inflationnistes imputable eu renchérissement des cours des produits de première nécessité et la dépréciation de la monnaie par rapport aux devises étrangères dans lesquelles la Sotelgui paie pour les équipements aux grands Fournisseurs étrangers,
  • La hausse du coût du carburant qui continue d’avoir un impact négatif sur les dépenses d’exploitation et d’investissement surtout dans une situation où la Sotelgui est obligée de consommer jusqu’à 600.000 litres de carburant par mois,
  • La lenteur dans la reprise économique qui perturbe également les performances de la Sotelgui
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